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DE L'OR-
DRE DE S.

lecture, à la méditation , & à apprendre des Pseaumes ; après PROGRE'S Prime ils alloient au travail , où ils étoient occupés depuis la premiere heure jusques à la quatriéme, c'est-à-dire , depuis Benoir. fix heures jusques à dix , à commencer depuis Pâques jusques au premier O&obre; & depuis le premier O&obre jufques au Carême, le travail commençoit à Tierce & finissoit à None. On ne disoit aucune Messe dans les premieres années de l'établissement de cet Ordre les jours ouvriers , mais seulement les Dimanches & les Fêtes solemnelles, ausquels jours tous les Religieux étoient obligés de communier. On recommençoit la lecture & le travail l'après-dînée: si quelqu’un ne pouvoit mediter , ni lire , on lui donnoit plus de travail

. On donnoit des travaux plus faciles à ceux qui étoient foibles & delicats,on en donnoit de plus rudes à ceux qui étoient plus robustes;& si les Religieux étoient occupés hors

i le Monastere, soit à la moisson, soit à quelqu'autre ouvrage, l'heure de l'Office étant lonnée , ils se recitoient à

genoux. L'on donnoit à chaque Religieux deux mets ou portions chaque jour, quelquefois une troisiéme de legumes,une livre de pain , une hemine de vin , c'est-à-dire, un demi-septier; dont on gardoit la troisiéme partie , lors que l'on devoit fouper. Il n'y avoit point de jeûnes entre la Fête de Pâques & celle de la Pentecôte ; mais depuis la Pentecôte jusques au treize Septembre, on jeûnoic les Mercredis & les Vendredis s & depuis le treize Septembre jusqu'à Pâques tous les jours. Le jeûne du Carême étoit plus rigoureux: pendant ce temslà les Religieux se mortifioient,en retranchant quelque chose de leur boire & de leur manger, de leur sommeil , de leurs conversations , & des autres commodités de la vie. Dans l'un & l'autre jeûne il n'y avoit qu'un repas. Dans les jeûnes de la Regle il se faisoit après None , & dans ceux du Carême après Vêpres , c'est-à-dire,au soir.

L'abstinence de la viande, au moins des animaux à quatre pieds, étoit perpetuelle, & n'étoit permise qu'aux malades. Plusieurs ont cru que saint Benoît n'aïant défendu

que

la viande des animaux à quatre pieds, avoit tacitement permis celle des volatiles : entre les autres , Hæstenius est de ce sentiment,s'appuïant sur l'autorité de sainteHildegarde & de Raban Maur: mais le P. Mabillon dit qu'il n'y a pas d'apparence que saint Benoît qui n'avoit ordonné à ses Religieux Tome V.

B

DRE DE S.

BENOIT.

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Can

Procre's que des viandes de vil prix & qui ne fatassent pas le goût, DE LO R- eut permis à ceux qui se portoient bien de manger de

la volaille , que l'on ne servoit pour lors que sur la table des Rois , comme des merz exquis , au rapport de Gregoire de Tours. Cette diversité de sentimens qui a toûjours été dans l'Ordre de saint Benoît a fait que la pratique des anciens Monasteres sur ce sujet, a été differente : ce que l'on doit entendre après la mort de saint Benoît,où ceux qui ont mangé de la volatille ont presumé que ce S. Fondateur n'avoit pas exclus ces sortes de viandes , puisqu'il ne défendoit que celle des animaux à quatre pieds.

Les enfans même que l'on offroit dés l'âge de cinq ans dans les Monasteres étoient aussi tenus à l'abstinence, & le

Concile d'Aix-la-Chapelle les y obligea encore , ordonnant Vinn. 817. qu'ils ne mangeroient de la viande que dans les maladies. La

maniere de recevoir les enfans est ainsi ordonnée par la Regle de S. Benoît , où ce Saint aprés avoir prescrit dans le Chapitre 58. la Formule des Væux de ses Religieux,qui consistent en une promesse de stabilité & d'obéissance & de conversion des mæurs,il dit dans le Chapitre suivant,que si l'enfant qui est offert est en trop bas âge, ses parens doivent faire pour lui cette promesse, en enveloppant leur offrande & leur demande, avec la main de l'enfant, dans la nappe de l’Aurel. Après cette ceremonie, ées enfans étoient tellement engagés, qu'étant parvenus à l'âge de puberté, ils ne pouvoient plus quitter l'Ordre sansêtre traités comme apostats:cequi fut ap

prouvé par plusieurs Conciles, entr'autres par le I V.de ToAnn. 633. Iede,où il fut decidé que ceux qui dès leur enfance auroient Can. 49. été offerts aux Monasteres

par
leur

pere & qui y auroient reçu

l'habit de la Religion, ne le pourroient plus quitter: & demeureroient Religieux le reste de leur vie. Mais cette maniere d'engager les enfans parut un peu trop dure aux Peres du X. Concile tenu en la même ville l'an 656. car par le fixiéme Canon its ordonnerent que les enfans en bas âgeausquels leurs parens auroient donné ou la tonsure, ou l'habit monachal

pourroient reprendre leurs habits seculiers & défendit en même tems aux parens d'offrir leurs enfans à l'avenir , avant l'âge de dix ans, donnant la liberté à ceux qui auroient été offerts,ou de rester en Religion,ou de retourner dans le mondelors qu'ils seroient parvenus à l'âge depuberté,

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Quoique ce Concile eût derogé à cette ancienne rigueur, Progre's elle fut encore neanmoins pratiquée en Angleterre,où l'on re. DREVOSE cevoit les enfans à l'âge de sept ans, de cinq,de deux & même Benoit. d'un an. Elle sublistoit encore en Italie l'an 726.puisque saint Boniface Evêque de Mayence , aïant consulté dans ce temslà le Pape Gregoire 11. sur quelques doutes, entr’autres s'il étoit permis aux enfans qui avoient été offerts par leurs parens de retourner au monde,ou de se marier lorsqu'ils étoient parvenus à l'âge de pubertés ce Pontife lui répondit qu'il ne leur étoit pas permis

. Cette pratique subsista encore longtems en Allemagne ; car quoique par le 36. Canon du Cori. Ann. 817 cile d'Aix-la-Chapelle il eût été ordonné que les enfans qui avoient été offerts par leurs parens dans les Monasteres étoient tenus de confirmer cette offrande lorfqu'ils étoient parvenus dans un âge de sçavoir ce qu'ils faisoient, neanmoins

par

le 22. Canon de celui de Wormes , les enfans of- Ann. 878 ferts aux Monasteres par leurs parens étoient encore censés engagés suivant la Regle de saint Benoît & le IV.Concile de Tolede. Dans la suite du tems , on se relâcha par tout de cetteancienne rigueur , & on ne reçut plus dans les Monasteres les enfans qui étoient offerts par leurs parens , parce que ce n'étoit plus un effet de leur pieté, mais de leur cupidité, n'offrant plus aux Monasteres queceuxde leurs enfans que la nature n'avoit pas avantagés , qui se trouvoient disgraciés , difformes,ou stupides, & nullement propres pour le monde, ce qui causa le relâchement dans l'Ordre des.Benoît. Il fem ble que Guillaume Abbé d'Hirsauge ait été le premier qui ait refusé l'oblation de ces enfans ; puisque Uldaric dans sa Préface sur les coûtumes de Cluny, le louë d'avoir exclus de son Monastere les enfans par le moïen desquels la Discipline monastique avoit tant louffert. Plusieurs Abbaïes firent la même chose. Pierre le venerable , Abbé de Cluny,fit aussi pour empêcher ces sortes de réceptions,un Statur qui fut confirmé par l'Abbé Hugues V. asant seulement excepté de cette Loy six enfans que l'on éleve encore dans l’Abbase de Cluny en habit monastique ; mais sans aucun engagement d'être Religieux. Enfin dans le douziéme siéclé cette coûtume fut entierement abolie par l'autorité du Pape Clement III. & la même chose fut défenduë par le Concile de Trente. Pourquoy donc se récrier aujourd'hui contre les

les laver. Les étoffes étoient celHISTOIRE DES ORDRES RELIGIEUX, PROGRE's professions qui se font à l'âge de seize ans que le même C012DE L'O r- cile a determiné,auquel âge ceux qui s'engagent dans la ReBENOIT. ligion, bien-loin d'y avoir été amenés & offerts

par
leurs

parens , leur resistent le plus souvent pour suivre les attraits de la grace & se confacrer de bonne heure à Dieu:

Quant aux habillemens , ils étoient reglés à la discretion des Abbés suivant la qualité du païs, plus chaud ou plus froid. Dans les climats temperés c'étoit assez d'une cuculle & d'une cunique, la cuculle plus épaisse pour l'Hyver , plus rase pour l'Eté ; & un scapulaire pour le travail. Le scapulaire étoit l'habit de dessus pendant le travail ; on l'ôtoit pour prendre la cuculle que l'on portoit le reste du jour. Chacun avoit deux tuniques & deux cuculles, soit pour changer les nuits, soit

pour les qui se trouvoient dans le païs à meilleur marché. Pour ôter tout sujet de proprieté, l'Abbé donnoit à chacun toutes les choses necessaires ; c'est-à-dire , outre les habits, un mouchoir , un couteau, une aiguille, un poinçon pour écrire, & des tablettes. Leurs lits consistoient en une natte ou paillasse, un drap de serge, une couverture & un chevet.

Saint Benoît n'a rien determiné sur la couleur de l'habillement; mais il paroît par d'anciennes peintures que la robe que les anciens Benedictins portoient étoit blanche , & le fcapulaire noir.Ce scapulaire n'avoit pas la même forme que ceux dont on se sert presentement dans cet Ordre. Il ressembloit plûtôt aux capotes de Matelots , excepté qu'il n'étoit point ouvert par devant, mais un peu par les côtés, comme

voir dans la figure que nous donnons d'un de ces anciens Benedictins , & que nous avons tirée de celles que le Pere Mabillon a données dans ses Annales Benedi&tines. Ces fortes de scapulaires étoient depuis long-tems l'habit ordinaire des Pauvres & des Païlans, Il

y a encore un grand nombre de Monasteres dont les Religieux prennent le titre d'anciens Benedi&tins , plûtôt pour recevoir les revenus qui dépendent de leurs MonasteTes , que pour observer la Regle de S.Benoît,qui est presque inconnuë dans la plûpart de ces Monasteres,qui fe disent du grand Ordre,& qui font soậmis aux Ordinaires des lieux où ils font situés, ne formant entre eux aucune Congregation,

on excepte neanmoins celles des Exemts en France, en

on peut

T.V.P. 12

Ancien Benedictin

2'

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