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difficultés qu'il peut y avoir au sujet de son institucion: Rilin fi.
voilà ce qu'il en dit ; Milon Comte de Bar accorda ce Mona- NARDINES.
stere, c'elt-à-dire de Juilli, à l'Abbaïe de Moiesme,afin qu'il
servît de retraite à des Religieuses qui y vêcussent sous l'o-
béissance de l'Abbé de ce même Monastere , lequel Abbé
leur donneroit quatre de ses Religieux pour les conduire
d'où il est facile de conclure que le Monastere de Juilli n'é-
toit point de l'Ordre de Cîteaux, puisqu'il étoit soûmis à
celui de Molesme qui a toûjours été de l'Ordre de saint
Benoît, & qu'il auroit été plus naturel d'envoïer à Juilli des
Religieux de Câteaux, si ces Religieuses en avoient pro-
fessé la Regle , que d'y envoïer des Religieux Benediètins
fous la conduite desquels elles ont été, puisque selon le P.
le Nain, le Venerable Pierre, qui étoit un des premiers qui
fortirent de Molesme, étoit Prieur de ces mêmes Religieux,
lorsque saint Humbeline mourut non pas au Monastere de
Billette, comme il le dit, mais à celui de Juilli. Enfin pour
terminer cette difficulté, il fuffit de dire que le premier Mo-
nastere de Filles de cet Ordre ne fut fondé à Tari , Dio .
cése de Langres que l'an 1120. par saint Etienne , & non
pas par saint Bernard, ce qui se prouve par les Chapitres
Generaux des Religieuses de cet Ordre en France qui se
tenoiem autrefois à Tart, comme la plus ancienne Abbaïe
de tout l'Ordre.

Le Cardinal Jacques de Vitri dans son Histoire d'Occident, dit que l'austerité que pratiquoient les Religieux de cer Ordre dans le commencement de son établissement, ne permit pas aux femmes,plus délicates que les hommes', de le soûmettre d'abord à un joug si pesant ; mais que dans la suite il s'en trouva d’assez genereuses pour pratiquer cette vie si austere. Il est vrai que dans les vingt-cinq premieres années de son établissement , il n'y eut aucun Monastere de filles de cet Ordre ; mais aprés que celui de Tart eut été fondé par saint Etienne l'an 1120. comme nous avons dit, il y en eut en France plusieurs autres, comme ceux de Fervaques au Diocese de Noïon, fondé l'an 1140. de Blandech dans le Diocese de saint Omer l'an 1153. & Montreüil-lesDames proche Laon l'an 1164. M. M. de sainte Marthe disent que Marcilli au Diocese d’Aucun, où l'Abbé de Citeaux Gui IV. mit des Religieux l'an 1460. avoit été fon

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R'LIGIE 1) - dé dès l'an 1130. & entre les Monasteres qui étoient de la MAR BEARS dépendance d’Obazine en Auvergne & qui se soầmirent

aux Loix de Cîreaux l'an 1148. avec cette Abbase d'Obazine leur mere , il y en avoit un de Religieuses qui est celui de Coiroux au Diocese de Limoges. Le nombre de ces Monasteres se multiplia fi fort dans la suite, que si l'on veut ajoûter foi aux Historiens de cet Ordre il y en eut jusqu'à fix mille.

Henriques qui, comme nous avons dit , soûtient que fainte Humbeline a été l'institutrice de ces Religieuses, n'aïant pû sçavoir , dit-il, quels furent les Reglemens que cette Sainte leur prescrivic , rapporte les Confticutions des Bernardines dites de la Recollection ou Dechauffées d'Elpagne , qu'il croit avoir été dressées sur les anciennes obfervances que pratiquoient les premieres Religieuses de l'Ordre de Ciceaux. Nous nous reservons à parler de ces Constitutions en traitant de l'origine de ces Bernardines reformées d'Espagne ; mais quoique ces observances soient trés austeres, elles n'approchent point neanmoins de celles

que pratiquoient les premieres Religieuses de Cîteaux, dont Herm. lib. Herman de Laon fait la description en parlant des Relide Miracul. gieuses du Monastere de Montreüil-les-Dames : car il dit S: M. cap. qu'elles ne portoient point de linge ni de fourures , qu'elles

ne s'occupoient pas seulement à coudre & à filer , mais qu?elles alloient dans la forêt pour défricher les ronces & les épines , qu'elles travailloient continuellement, qu'elles gardoient un grand silence,& qu'elles imitoient en toutes choses. les Religieux de Clairvaux.

Entre tous les Monasteres de filles de cer Ordre , celui de fainte Marie la Roïale proche la ville de Burgos, communément appellé las Huelgas de Borgos, est le plus célébre tant par la magnificence de ses bâtimens & des grands biens qu'il poffede ( n'y aïant aucun Seigneur en Elpagne qui ait autant ou plus de vassaux que ce Monaftere , ) que par l'étenduë de la jurisdiction spirituelle quc fen Abbele a , non seulement sur douze autres Monafteres qui lui sont foầmis, mais encore sur les Freres Hospitaliers de Burgos, dont nous parlerons dans le Chapitre septiéme du Tome fixiéme, & sur un grand nombre de Chanoines, Curés , Chapellains. & autres personnes. Ce célébre Monastere

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