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Bail à ferme, fait par l'Abbé & la Communauté de l’Abbaso ORDRE DE de Bonneval, à un Religieux de la même Abbaïe , par lequel on lui cedoit la Ferme des Laudrins , appartenant à ce Monastere , avec défense à l'Abbé & à la Communauté de la lui ôter.

Julques-là l'Ordre avoit toûjours été uni, & quoique répandu dans toutes les parties du nonde , il avoit toûjours été soùmis aux Superieurs qui étoient en France:mais quelques Religieux d'Espagne qui avoient conservé l'Esprit de l'Ordre , voulant se garentir du naufrage dont il étoit menacé, firent comme un corps à part, en formant une Congregation, dont Martin de Yargas fut l'auteur l'an 1426. de laquelle nous parlerons en particulier, aufli bien

que

des autres Congregations , qui à l'exemple de celle d'Espagne, voulurent vivre dans une étroite Observance: mais ce ne fuc que plusieurs années après que celle d'Espagne eut été commencée.

Le désordre continuant toûjours , Eugene IV. sur les plaintes qu'il en reçut de France & d'Espagne , avertit par sa Constitution de l'an 1444. l'Abbé de Citeaux & les autres Abbés & Religieux, de l'Ordre, de se purger de ce dont on les accusoit, & de donner meilleur exemple ; (ce qu'ils ne pouvoient faire qu'en corrigeant leurs moeurs corrompuës,) & de dresser, s'il étoit besoin, de nouvelles Constitucións; & Nicolas V.l'an 1448. leur ordonna de s'appliquer avec plus de soin & de diligence qu'auparavant, à la reforine des Monasteres, & d'y faire mieux observer à l'avenir les Constitutions Apostoliques & les Observances des Chapitres Generaux.

Ces remontrances des Souverains Pontifes étoient inutiles dans un tems où les guerres qui affligeoient plusieurs Provinces, empêchoient les Abbés de l'Ordre de Cîteaux de remédier aux abus qui s'étoient introduits dans leurs Monasteres. Les fureurs de la guerre & l'insolence des soldats qui n'épargnoient pas même les Temples du Seigneur , commettant mille indignités à l'égard des Prêtres & des Vierges qui s'y occupoient à chancer les loüanges de Dieu, obligeoient la plậpart des Religieux & des Religieuses de cer Ordre d'abandonner leurs Monasteres pour le réfugier dans les Villes ; & ces guerres qui durerent plusieurs années

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ORDRE DE cauferent dans la suite une si grande cherté & une si grande Citta'l. disette de toutes les choses necessaires à la vie, qu'elles con

traignirent plusieurs Religieux à manger de la viande, qu'ils trouvoient plus commodément que d'autres choses. D'autres plus scrupuleux, s'en abstenoient : mais ils refusoient les Charges de Celerier, de Procureur , & les autres Offices qui les pouvoient obliger à sortir du Monastere , à cause que par tout où ils alloient, soit aux champs , soit à la ville, . ils ne trouvoient que des viandes communes qui leur étoient défenduës. Ainsi les biens & les revenus des Monasteres fe perdoient faute d'y avoir l'attention necessaire : cependant les necessités augmentoient , & le défaut de nourriture rendoit plusieurs Religieux malades , & ceux qui restoient en fanté étoient si foibles, que ni les uns ni les autres ne pouvoient observer leur Regle ni leurs Statuts.

Le Chapitre General s'étant assemblé, & aïant reconnu l'imposibilité qu'il yavoit de faire observer la regularité dans un tems si miserable, pria I'mbert de Cîreaux de faire le voïage de Rome avec Dom Jean de Cirei Abbé de Maizieres, pour demander auPape qu'il eût la bonté de remédier à tous ces maux,en leur accordant quelque dispenfe de cette grande abstinence à laquelle leur Regle & leurs Constitutions les obligeoient. Ces deux Abbés allerent à Rome en 1475: (Sixte IV. gouvernoit pour lors l'Eglise ) y étant arrivés ils eurent audience du Pape. Imbert lui representa la misere & la désolation des Monasteres , les difficultés d'avoir des viandes conformes à leur perpetuelle abstinence , & les défordres

que cela causoit , puisque malgré le bon exemple des plus zelés , & nonobstant les oppofitions & remontrances des Superieurs, plusieurs Religieux se donnoient la liberté de manger de la viande , fans se mettre beaucoup en peine des penitences portées par la Bulle de Benoît XII. contre ceux qui leroient affez temeraires pour en manger. Le Pape Sixte sur les remontrances de cet Abbé, reïtera les défenses & les peines portées par la Bulle de Benoît, contre ceux qui prélumeroient de manger de la viande sans dispense & permission; mais faisant reflexion sur ces difficultés , & que le droit naturel l'emporte sur toutes sortes de loix,d’authorité Apostolique, il donna par une Bulle plein pouvoir au Chapitre General & aux Abbés de Cîteaux de

Novice de Cuteaux

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habit ordinaire dans la maison

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