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SES DE RONCERåY.

RILIGIEU- afin que jamais aucun vice ne domine en moi. Elles se rele

vent ensuite. Leurs Paranymphes les font ranger en forme de demi-cercle devant l'Evêque, qui après leur avoir fait une exhortation sur la dignité & l'excellence de l'état qu'elles embrassent, leur demande à toutes en commun li elles veulent perseverer dans leur dessein de garder la virginité: & aïant répondu qu'elles sont dans cette volonté, il les interroge en particulier, & demande encore à chacune, si elle est dans le dessein de garder la virginité ; & aïant répondu qu'elles perseverent dans ce dessein, il leur demande derechef à toutes ensemble , si elles veulent être benites, consacrées, & devenir les Epouses de Jesus-Christ ; après quoi l'on chante les Litanies,& les prieres marquées dans le Pontifical Romain. L'Evêque benit ensuite les habits des jeunes Professes. La benediction étant achevée, elles vont dans la Sacristie,accompagnées de leurs Paranymphes pour quitter leurs habits blancs & leurs surplis, & le revêtir des habits noirs que l'Evêque viene de benir. Elles retournent ensuite deux à deux à l'Autel , en chantant les Versets & Répons : Regnum mundi Ġ omnem ornatum faculi, &c. J'ai méprisé les Roïaumes du monde a les ornemens du siécle pour l'amour de mon Seigneur Jesus-Cbrist, que j'ai vk, que j'ai aimé,dans Lequel j'ai crú & que j'ai cheri. Mon cæur a produit une excellente parole, j'adresse mes ouvrages au Roi, que j'ai , que j'ai aimé, auquel j'ai ajouté foi , & que j'ai cheri.

Les Paranymphes les font mettre à genoux en demi-cercle avec le voile bajsfé. L'Evêque les benit , dic plusieurs oraisons & prieres , & elles reçoivent ensuite de la main le voile noir , qu'il leur met sur la tête , un anneau d'or au doit , puis une couronne de perles & de diamans que les Paranymphes leur attachent sur la tête.Le Prélat leur donne ensuite la benediction folemnelle marquée dans le Pontifical , & l'Archidiacre lit en François une Excommunication que les Papes ont fulminée contre ceux qui troubleroient ces Vierges sacrées dans le service Divin; & la possession de leurs biens.

L'Evêque continuë ensuite la Messe , & à l'Offertoire les nouvelles Epouses de Jesus-Christ vont deux à deux à l'offrande , & présentent au Prélar leurs cierges, en baisant son anuca u. Elles reçoivent aussi la sainte Communion de sa

maing,

RONCE

main , & chantent ensuite cette Ancienne: Mel e lac ex ore RELIGIETSejus suscepi , & fanguis ejus ornavit genas meas. La Melle SES DE étant finie, l'Evêque donne la benediction folemnelle au Rax. peuple, dit encore une Oraison sur les Vierges consacrées, & leur donne pouvoir de commencer l'Office Divin dans le Cheur, leur présentant un Breviaire, sur lequel elles mettent les mains l'une après l'autre, pendant que l'Evêque dit ces paroles : Accipe poteftatem legendi officium ( incipiendi. Horas in F.cclefia, Fo. Recevez le pouvoir de dire l'office ; & de commencer les Heures Canoniales dans l'Eglife, au nom du Pere , du Fils & du Saint-Esprit.

La ceremonie étant achevée, toutes les Religieuses retournent au Chaur de l'Abbaïe, conduites processionnellement par le Clergé. L'Evêque les suit , aïant les ornemens PontiFicaux, & ce Prélat fé tenant debout à l'entrée du Chour", les Religieuses étant profternées contre-terre , il adresse à l'Abbefle qui est à leur tête ces paroles : Pensez à la maniere dont vous devez conserver ces Vierges confacrées à Dieu, pour les lui representer un jour fans tâche, puisque vous devez rendre compte d'elles au Tribunal de leur Epoux,qui dois être leur fuge le vôtre.

Pendant neuf jours les nouvelles Professes font abstinence de viande, & gardent le silence. Elles sont aussi toûjours pendant ce tems-là revêtuës de leur habit de ceremonie, avec Leurs couronnes benites sur la tête , & cinq ans durant après leur profesfion, elles demeurent sous la conduite de leur Maîtresse , comme pendant le Noviciat.

Outre les Processions que ces Dames Religieuses font dans leur Cloître & dans les Chapelles interieures de la Maison , aux jours de Dimanches , des Fêtes solemnelles & des Rogations, avec les Chanoines de la Trinité, elles en font aulli plufieurs autres à certains jours, où elles sortent du Chour pour aller dans la grande Eglise : & même autrefois elles fortoient de leur Abbaïe

pour

aller en Procesfion à l'Eglise Cathedrale, &dans celle de l'Abbaïe de saint Nicolas , qui est ausi de l'Ordre de saint Benoît ; comme on voit

par

d'anciens titres ; mais il y a déja long-tems qus ces Proceslions externes ne sont plus en usage. Cependant elles reçoivent encore dans leur Chaur plusieurs Processions du dehors ; comme celle de la Cathedrale ;; & des

Tome v.

ز

autres

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ORDRE DE
VALLOM-
BREUSE.

Chapitres de la ville , qui vont ensemble y chanter la grande Mesle le jour de faint Marc. Celle des Religieux de saint Nicolas un des jours des Rogations ; & celle du jour de la Fête Dieu , que l'on appelle du Sacre , & qui est generale , non seulement le Clergé Seculier & Regulier , mais austi toutes les Compagnies & Communautés Seculieres de la ville y assistent au nombre de plus de deux mille personnes, aiant chacun un flambeau à la main , & paffent cous au travers du Chour des Religieuses.

Memoires envoiés d'Angers en 1712. par M. le Masson , Chanoine de ancien Curé de la Trinité.

CH A P I T R E X X V II I.
De l'Ordre de Vallombreuse , avec la Vie de saint Jean

Gualbert, Fondateur de cet Ordre.
L

'ORDRE de Vallombreuse a eu pour Fondateur faint Gualbert , Seigneur de Petroio au Val de Pefa , étoit d'une ancienne famille qui descendoit , à ce que l'on prétend , de Bonacorso Bisdomini , lequel avoit été fait Chevalier par l'Empereur Charlemagne. Il eut deux fils dont l'un s'appelloit Hugues , & l'autre, qui étoit nôtre Saint s'appelloit fean, Il étoit déja en état de porter les arines lorsqu'un de leurs parens aïant été tué (quelques-uns veulent que ce fut Hugues propre frere ) son pere l'engagea à en prendre vengeance , & l'obligea à chercher comme lui toutes sortes de moïens pour perdre celui qui avoit commis cet homicide.

Un jour que ce Saint allant à Florence avec ses écuïers , pensoit en lui-même où il pourroit aller chercher son ennemi,

obéïr aux ordres de son pere, que pour satisfaire à sa propre vengeance , il ne fut pas moins joïeux que surpris lorfque par un hazard auquel il ne s'attendoit pas, il apperçut celui dont il avoit juré la perte qui venoit au devant de lui dans un lieu si étroit que ni l'un ni l'autre ne pouvoit se détourner. Il crut que la fortune lui présentoir une occasion favorable de s'en défaire & il se préparoit déja à lui passer fon épée au travers du corps , lorsque son adversaire se jettant promptement à ses pieds, le supplia les bras étendus en Croix

son

tant pour

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