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S FAKEUL

Tarnat.

on leur conferoit ensuite le Baptême. Saint Fereol defendit Rreta ne encore aux Moines d'aller à la chasse, de peur qu'en voulant prendre des bêtes, ils ne devinssent eux-mêmes la proïe du Demon. Le travail des mains étoit en usage parmi eux ; & ceux qui ne pouvoient pas solltenir des travaux penibles & laborieux , s'occupoient à écrire des livres , ou s'appliquoient plus que les autres à la priere. Personne ne pouvoit avoir une Cellule à part, soit pour y demeurer , Toit pour quelque autre usage , si ce n'étoit l'Abbé ou quelques ouvriers : & trois fois l'an l'Abbé étoit obligé de faire la cuisine , sçavoir , le jour de Noël, le jour de Pâques & le jour de saint Fereol Martyr, Patron du Monaftere : & afin que les Religieux se ressouvinsent de leurs obligations, on devoit lire la Regle en Communauté tous les premiers jours de chaque mois. Quant à l'habillement, il étoit aussi de couleur blanche ou noire naturelle, & ils ne porcoient point de chemise de toile.

Quelques Ecrivains aïant cru que le Monastere de Tar- REGLEDE nat écoic le même que celui de faint Maurice d'Agaune , dont nous avons parlé dans le Chapitre XII. de la seconde Partie, ont ausli confondu la Regle de Tarnat , avec celle d'Agaune : mais le Pere Mabillon soûtient que ces deux Monasteres étoient differens , aussi bien que ces Regles : que celui d’Agaune étoit situé au païs de Vellay, Diocese de Sion , & celui de Tarnac dans le Territoire de Lion sur le bord du Rhône l: ce qui a' rapport à un article de la Regle de ce dernier Monastere , où il est defendu de passer la riviere fans la permission du Superieur. La psalmodie perpetuelle étoit établie dans celui d'Agaune, & il n'en est point fait mention dans la Regle de Tarnat, ou bien loin que les Religieux fussent dispensés du travail des mains ; comme dans celle d'Agaune, ils devoient au contraire s'y occuper , & étoieiit 'même éxemtés du jeûne au tems de la moiston & des vendanges : mais le Superieur devoit tellement moderer le travail le Mercredi & le Vendredi's que s'il y avoit moïen , les Religieux pussent y observer le jeûne. Par la Regle de Tarnat, il étoit permis aux Religieux d'avoir des Cellules separées, ce qui est contraire à la Regle d'Agaune. C'est ainsi que l'on appelle la discipline qui s'observoit dans ce Monastere, qui fut rédigée par écrit, par un

REGLE DE

REGLE DE S. DONAT.

Religieux de Condat, qui composa les Actes de saint Oyang JARNAG. mais la Regle de Tarnat étoit tirée de celles de saint Paco

me, de saint Augustin , & de saint Cefaire.

Nous nous reservons à parler dans un autre endroit de la Regle de saint Colomban. Saint Donat qui a été son Difciple aïant été ciré du Monastere de Luxeuil pour monter sur le siége de Besançon , vers l'an 624. conferva dans l’Episcopat l’habit & l'esprit Religieux, & afin d'en pratiquer plus aisément les observances , il fit bâtir dans la Ville Episcopale, un Monastere d'hommes qu'il consacra en l’honneur de saint Paul, & qu'on appelloit autrefois le Palais , à cause des ruines d'un ancien Palais qui y restoient encore. Il y fit observer la Regle de saint Benoît conjointement avec celle de saint Colomban & l'observoit lui-même, se retirant souvent dans ce Monastere. Flavie sa mere étant veuve , entra dans un Monaftere de Religieuses qu'elle fit bâtir dans la même Ville ; & pour y établir folidement l'observance, elle pria son fils de leur dresser lui-même une Regle. Ce faint Prélat leur en dressa une composée de celles de faint Cesaire , de saint Benoît & de faint Colomban ; mais la plus grande partie étoit tirée de celle de faino Benoît ; puisque de soixante & dix-fept Chapitres qu'elle contient , il y en a quarante-trois qui sont de celle de ce Saint. A l'égard de l'Office Divin, il leur prescrivit un usage, non pas exactement conforme, mais femblable en quelque façon à celui de saint Colomban qui tenoit beaucoup de la maniere Irlandoise. Leur Office étoit plus long en hyver qu'en été, & tant le Samedi que le Dimanche, elles recitoient plus de Pseaumes qu'aux autres jours. Quant à l'habillement , il étoit femblable & de la même couleur que celui des Religieuses de saint Cesaire, aussi bien

que

la coiffure qui devoit être de la même hauteur que celle qui est ausio marquée dans la Regle de ce Şainc.; Saint Donat adressa la fienne à l’Abbesse Gaustrude & aux filles dont elle avoit la conduite. Cette Regle fut aussi reçuë dans le Monaftere de Chamelieres'au Dioôle de Clermont'en Auvergne, qui a été changé depuis en une Eglise Collegiale : les Monasteres de Besançon sont passés dans la suite à d'autres Ordres. Les Chanoines Reguliers possedent celui des bommes , & les Minimes celui des filles,

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Girondin , autrement dit, Moine

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de Biclare

JEAN DEBS

CLARE ces

La Regle de Jean Abbé de Biclare a été inconnuë à saint Recte de Benoît d'Aniane, qui n'en a fait aucune mention ; mais faint Isidore de Seville en parle avec estime, & dit que Quvrage devoit être entre les mains de toutes les personnes de pietė. Trithême en cite un fragment qui defend aux Religieux de posseder du bien en particulier. Cet Abbé Jean étoit né à Santaven en Portugaf, de parens Goths. Étanc jeune , il alla à Constantinople, où il apprit la Langue Grecque avec la Latine. Dix Tept ans après il retourna en El pagne, dans le tems que Leuvigilde persecutoie les Catholiques. Ce Prince qui étoit Arien ne pouvant l'engager dans son heresie & dans la Secte , l'exila à Barcelone, où pendano dix ans qu'il y demeura, il eut beaucoup à souffrir de la part des Ariens. Ce fut pendant ce tems là, sur la fin dur lixiéme siécle, qu'il bấtit le Monastere de Biclare, ou selon le langage du païs de Valclara , ainsi appellé du nom d'un Bourg , situé au pied du Mont de Prades dans l'Archidiaconé de Tarragone en Catalogne, où l'on voic encore une Eglise, aux environs de laquelle sont plusieurs ruines qui peuvent être celles du Monastere que l'Abbé Jean y fit bâtir. C'est sans aucun fondement que Mariana a avancé que cet Abbé

у

établit l'Institut de saint Benoît », puisque Fori ne doute point que cet Abbé Jean n'aie dressé une Regle pour ses Disciples. Il fut tiré du Cloître pour être élevé sur le faége Episcopal de Geronde, que l'on a depuis appellé Gironne : & c’elt ce qui a donné lieu à quelques Auteurs de le faire Fondateur de l'Ordre des Gērondins appellant ainsi les Moines de Biclare du nom de la Ville Episcopale de leur Fondateur. Entre les differens habillemens Religieux qu'Abraham Bruin grava en 1577. l'on trouve celui d'un de ces Gerondins , tel que nous l'avons fait representer ici. Adrien Damman qui a fait de petits Commentaires fur ces habillemens de Bruin , dit que l'éeufson que ces Gerondins portoient sur la poitrine étoit les armes de l'Evêque de Gironne , sçavoir d'or à deux Pals de gueules & deux de sinople. Si cela est , ces Gerondins auroient sublisté encore après le onziéme fiécle ; puisque l'usage des armoiries n'a été en usage qu'après le dix ou le onziéme siécle. Quant à la couleur de l'habillement, ele écoir blanche.

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