Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]

S. CESAIRE

besle devoit tellement pourvoir à cela qu'elle ne fût pas REGLES DI

à obligée d'en acheter dehors. Elles jeûnoient les Lundis, Mercredis & Vendredis , depuis le premier Septembre juso qu'au premier Octobre , & tous les jours depuis le

premier Novembre jusqu'à Noël, excepté les jours de Fêtes & les Samedis. Avant l’Epiphanie il y avoit encore sept jours

У de jeûne , & depuis ce jour là jusqu'au Carême, elles jeûpoient les Lundis , les Mercredis & les Vendredis. Il n'y avoit aucun jeûne depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte; mais il étoit permis à l'Abbelle d'en ordonner quelquesuns, depuis la Pentecôte jusqu'au premier Septembre , fi elle le trouvoit à propos. Sainte Cesaire mourut avant son frere, & l'on mit en så place une autre Cesaire qui eut sous fa conduite plus de deux cens filles. La Regle de S. Cesaire fut aussi gardée dans le Monastere de sainte Croix de Poitiers , lorique sainte Radegonde eut fait bâtir ce Monastere l'an 544. & saiat Donat s'en servit pour composer celle qu'il donna aux Religieuses de Besançon. Il y a eu austa une Regle de saint Cesaire pour les hommes , que l'Abbé Tedvade son neveu reçut de lui, & qu'il donna par son ordre à plusieurs Monasteres : elle est à peu près la même

à que celle des Religieuses. Les jeûnes y sont seulement ordonnés tous les jours, depuis le mois de Septembre jusqu'à Noël. L'on peut rapporter à l'an 506. le commencement de ce Monastere de saint Jean d'Arles , qui a pris depuis le nom de saint Cefaire son Fondateur , & où l'on garde presentement la Regle de saint Benoît, ausli bien que dans celui de sainte Croix de Poitiers.

Saint Aurelien qui succeda à saint Cesaire au Siege Epis- REGLIDE copal d'Arles après Auxone, bâtit ausi deux Monasteres en cette ville l'an 548. l'un pour

des hommes, l'autre pour des filles , ausquels il donna aussi des regles tirées de celle de saint Cesaire en partie , & qui s'accordent aufli en beauçoup

de choses avec celle de saint Benoît. Dans celle des hommes, il ordonne

que

les Moines ne sortiront point sans compagnon , qu'ils ne pourront point être promus aux Ordres sacrés sans le consentement de l'Abbé, qu'aucun ne poạrroit être reçu dans le Monastere avant l'âge de dix ou douze ans. Si quelque Moine avoir fait une faute qui meritât une severe punition, telle qu'étoit celle d'être fustigé, Tome Ve

D

S. AUR2
LIEN.

S. AIRE-
LIIN.

à

R 2011 DE on ne pouvoit pas passer le nombre ordinaire qui étoit de

trente-neuf coups. "L'usage de la viande étoit defendu tant aux Moines qu'aux Religieuses. Elle n'étoit permise qu'aux malades : & quand l'Abbé ou l'Abbesse le jugeoient à propos , ils pouvoient donner du poisson. Les uns & les autres devoient traviller à quelques Ouvrages pendant le tems de la lecture, de peur d'être surpris du sommeil

. Ils devoient éviter les procès. 11 leur étoit defendu de tenir les enfans sur les Fonds de baptême. Ils devoient s'appliquer à l'étude. Aucun Laïque de quelque condition qu'il fût , ne pouvoir entrer dans les Monasteres , & li l'on demandoit quelque Moiire ou quelque Religieuse, ils devoient aller au Parloir où ils étoient accompagnés de l'Abbé ou de l'Abbesse , ou de ceux qu'ils commertoient à cet effet. Leur habillement étoit blanc ou de laine naturellement noire. Quant aux jeûnes , ils étoient à peu près les mêmes que ceux quifont ordonnés par la Regle de faint Cefaire. L'un & l'autre de ces Monasteres ont été détruits dans le huitiéme siécle par les Sarazins , à ce que l'on pretend, & il n'en reste plusque

la memoire.

Saint Fereol Evêque d'Usez , aïant ausfi fondé un MoS. FILLOL. nastere l'an 558. dont l'Eglise fur dediée à S. Fereol martyr,

, composa pour lesReligieux qu'il y mit,uneRegle qu'il soûmit à la censure de Lucrece, Evêque de Die. Dans cette Regle qui est composée de trente neuf Chapitres , les Moines

у sont appellés quelquefois Religieux. H defend qu'aucune femme , soit Religieuse, foit Seculiere , y puisse entrer , & que si les Religieux étoient obligés de leur parler pour quelque necessité, ce ne seroit qu'en presence de deux té moins avec la permiffion de l'Abbé, afin qu'il szût le sujer de leur entretien. Tous les Moines devoient sçavoir les ler. tres Humaines : il leur étoit ordonné à tous d'apprendre par caur tout le Pfeautier , même à ceux qui étoienr emploïés. à la garde des troupeaux , suivant la coûtume de ce temslà. Outre l'Office qu'ils disoient en commun, ils devoient encore tous les jours prier Dieu en particulier. Il ne vouloit pas que l'on donnât le Baptême aux enfans dans son Monastere : quoique ce fût la pratique dans les autres ; parce qu'en plusieurs lieux, tant en Orient , qu'en Occident, l'on instruisoit les Catecumenes dans les Monasteres , où

REGLE DE

.

:

S FAKEUL

Tarnat.

on leur conferoit ensuite le Baptême. Saint Fereol defendit Rreta ne encore aux Moines d'aller à la chasse, de peur qu'en voulant prendre des bêtes, ils ne devinssent eux-mêmes la proïe du Demon. Le travail des mains étoit en usage parmi eux ; & ceux qui ne pouvoient pas solltenir des travaux penibles & laborieux , s'occupoient à écrire des livres , ou s'appliquoient plus que les autres à la priere. Personne ne pouvoit avoir une Cellule à part, soit pour y demeurer , Toit pour quelque autre usage , si ce n'étoit l'Abbé ou quelques ouvriers : & trois fois l'an l'Abbé étoit obligé de faire la cuisine , sçavoir , le jour de Noël, le jour de Pâques & le jour de saint Fereol Martyr, Patron du Monaftere : & afin que les Religieux se ressouvinsent de leurs obligations, on devoit lire la Regle en Communauté tous les premiers jours de chaque mois. Quant à l'habillement, il étoit aussi de couleur blanche ou noire naturelle, & ils ne porcoient point de chemise de toile.

Quelques Ecrivains aïant cru que le Monastere de Tar- REGLEDE nat écoic le même que celui de faint Maurice d'Agaune , dont nous avons parlé dans le Chapitre XII. de la seconde Partie, ont ausli confondu la Regle de Tarnat , avec celle d'Agaune : mais le Pere Mabillon soûtient que ces deux Monasteres étoient differens , aussi bien que ces Regles : que celui d’Agaune étoit situé au païs de Vellay, Diocese de Sion , & celui de Tarnac dans le Territoire de Lion sur le bord du Rhône l: ce qui a' rapport à un article de la Regle de ce dernier Monastere , où il est defendu de passer la riviere fans la permission du Superieur. La psalmodie perpetuelle étoit établie dans celui d'Agaune, & il n'en est point fait mention dans la Regle de Tarnat, ou bien loin que les Religieux fussent dispensés du travail des mains ; comme dans celle d'Agaune, ils devoient au contraire s'y occuper , & étoieiit 'même éxemtés du jeûne au tems de la moiston & des vendanges : mais le Superieur devoit tellement moderer le travail le Mercredi & le Vendredi's que s'il y avoit moïen , les Religieux pussent y observer le jeûne. Par la Regle de Tarnat, il étoit permis aux Religieux d'avoir des Cellules separées, ce qui est contraire à la Regle d'Agaune. C'est ainsi que l'on appelle la discipline qui s'observoit dans ce Monastere, qui fut rédigée par écrit, par un

REGLE DE

REGLE DE S. DONAT.

ر

Religieux de Condat, qui composa les Actes de saint Oyang JARNAG. mais la Regle de Tarnat étoit tirée de celles de saint Paco

me, de saint Augustin , & de saint Cefaire.

Nous nous reservons à parler dans un autre endroit de la Regle de saint Colomban. Saint Donat qui a été son Difciple aïant été ciré du Monastere de Luxeuil pour monter sur le siége de Besançon , vers l'an 624. conferva dans l’Episcopat l’habit & l'esprit Religieux, & afin d'en pratiquer plus aisément les observances , il fit bâtir dans la Ville Episcopale, un Monastere d'hommes qu'il consacra en l’honneur de saint Paul, & qu'on appelloit autrefois le Palais , à cause des ruines d'un ancien Palais qui y restoient encore. Il y fit observer la Regle de saint Benoît conjointement avec celle de saint Colomban & l'observoit lui-même, se retirant souvent dans ce Monastere. Flavie sa mere étant veuve , entra dans un Monaftere de Religieuses qu'elle fit bâtir dans la même Ville ; & pour y établir folidement l'observance, elle pria son fils de leur dresser lui-même une Regle. Ce faint Prélat leur en dressa une composée de celles de faint Cesaire , de saint Benoît & de faint Colomban ; mais la plus grande partie étoit tirée de celle de faino Benoît ; puisque de soixante & dix-fept Chapitres qu'elle contient , il y en a quarante-trois qui sont de celle de ce Saint. A l'égard de l'Office Divin, il leur prescrivit un usage, non pas exactement conforme, mais femblable en quelque façon à celui de saint Colomban qui tenoit beaucoup de la maniere Irlandoise. Leur Office étoit plus long en hyver qu'en été, & tant le Samedi que le Dimanche, elles recitoient plus de Pseaumes qu'aux autres jours. Quant à l'habillement , il étoit femblable & de la même couleur que celui des Religieuses de saint Cesaire, aussi bien

que

la coiffure qui devoit être de la même hauteur que celle qui est ausio marquée dans la Regle de ce Şainc.; Saint Donat adressa la fienne à l’Abbesse Gaustrude & aux filles dont elle avoit la conduite. Cette Regle fut aussi reçuë dans le Monaftere de Chamelieres'au Dioôle de Clermont'en Auvergne, qui a été changé depuis en une Eglise Collegiale : les Monasteres de Besançon sont passés dans la suite à d'autres Ordres. Les Chanoines Reguliers possedent celui des bommes , & les Minimes celui des filles,

« PreviousContinue »