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7.V.P.163

Benedictin de L'Abbaie de S.

Victor de Marseille

en

habit de choeur

CONGRE

de l'Abbaïe , de laquelle ils ne pourroient sortir sans la permission du Superieur , & coucheroient dans un Dortoir SATION DE commun, à l'exception des Officiers qui pourroient coucher dans les appartemens de leurs Offices. Vo. Qu'il ne seroit donné aucune entrée dans la clôture du Monastere aux femmes & aux filles , de quelque qualité & condition qu'elles fussent , & que lesdits Religieux ne pourroient converser avec elles, sinon dans l'Eglise , ou autres lieux à ce déstinés. VI•. Que tous les Religieux prendroient leur réfection en commun, & seroient nourris de même viande , fi quelque necessité n'obligeoit le Superieur d'en user autrement, & que durant le repas on feroic la lecture. VII.. Qu'il seroit établi une infirmerie commune en quelque lieu commode , & en bon air dans la clôture du Monastere dans laquelle seroient reçus & charitablement traités tous les malades sant Officiers que Religieux , sans qu'il fût permis de les faire traiter hors le Monastere. VIII. Que lefdits Religieux deineureroient,conformément à quelques Bulles des Papes,dans l'usage de la viande les jours permis par l'Eglise,excepté le Mercredi de chaque semaine qu'ils s'en abitiendroient ; & que pareillement ils deineureroient dans l'usage du linge. Que pour l'habillement ils continuëroient de porter une soutane de laine noire , avec un scapulaire par deffus , & lorsqu'ils iroient à l'Eglise qu'ils porteroient le froc selon leur usage, & auroient aufli la tonfure. IX°. Que les Offices Divins y

feroient avec dévotion ; & que les Superieurs tiendroient la main à ce que tous y affistassent avec assiduité, & qu'aucun ne pourroit s'absenter sans cause legitime approuvée par le Superieur , à peine d'être puni, conformément à la Regle, & en outre que les Religieux vaqueroient à l’Oraison Mentale suivant la pratique de l'Ordre de saiøt Benoît

. Xo. Que pour eviter l'oisiveté, les Superieurs auroient soin que tous les Religieux emploïassent utilement leur tems à l'étude des Lettres , à la lecture spirituelle , ou à qnelque travail honnête , suivant la Regle. X 1°. Que l'obéissance seroit renduë exactement au Superieur par tous les Officiers &autres Refigieux ;. sans qu'il fût permis à aucun d'y manquer , sous les peines portées par la Regle. XII°.Qu'il seroit établi unNoviciat, dans lequel on ne recevroit aucun Novice qui n'eût été foigneusement examiné , qui n'eût l'âge requis de droit ; &

ز

S. VICTOR.

CONGRE- qu'aucun ne seroit reçu à la profession qu'il n'eût été suffiGATION de samment instruit de la Regle & de toutes ses obligacions par le Maître des Novices pendant son Noviciat, &

que cette profession qui ne pourroit être differée après l'année de pro bation , se feroit selon qu'il est porté par la Regle & en la forme qui leur seroit prescrite par l'Évêque de Marseille , que Sa Majesté commit pour l'execution de son Arrêt, & auquel elle donna aussi pouvoir de faire tels Reglemens & telles Ordonnances qu'il jugeroit necellaires, tant pour le rétablissement & la conservation de la discipline Reguliere dans cette Abbaïe , que pour l'établissement d'un Superieur & d'un Maître des Novices.

Voilà les Reglemens que le Roi Louis XIV. fit pour le rétablissement de la discipline Reguliere dans l’Abbaïe de saint Victor , ausquels les Religieux se follmirent en apparence, mais qui , pour dire la verité, ne furent pas mieux execultés que les autres :

il y eut encore d'autres Reglemens qui furent dressés par l'Archevêque d'Aix par ordre du Roi , ausquels ces Religieux ne se soûmirent qu'après y avoir été contraints par un Arrêst du Conseil d'Etat de l'an 1709. L'on ne peut refuser à cette Abbaïe le titre de Chef d'Ordre & de Congrégation,aïant eu autrefois sous sa dépendance une grande quantité d'Abbaïes & de Monasteres, multitudinem membrorum ipsi Monasterio subjectorum, dit le PapeUrbain V.dans une de ses Bulles. Quelques-unes de ces Maisons ont été érigées en Evêchés, comme nous avons dit, quelques autres se Iont soustraites de sa dépendance. Il y en a qui sont entierement supprimées : mais il reste encore un grand nombre de Prieurés situés non seulement en France, mais aussi en Espagne, en Sardaigne, dans l'Etat de Gennes , en Toscane, dans le Comté de Nice, & dans le Comtat d'Avignon. Toutes ces Maisons étoient obligées d'assister tous les ans aux Chapitres Generaux qui se tenoient dans cette Abbaïe : & les Superieurs ou Deputés de ces mêmes Maisons juroient solemnellement en présence de toute l'Afsemblée , d'être toûjours obéissans & fideles à l'Abbé de saint Victor. Clement III. ordonna de tenir tous les ans ces Chapitres Generaux. Le Roi Louis XII. permit aux Religieux de les tenir tous les ans ou du moins de trois en trois ans. Ruffi dit que cette qualité de Chef d'Ordre fut telle

ز

ment reconnuë à Rome ; que dans une Congrégation Con- CONGRI. sistoriale, qu’on tint pour la secularisation de cette Abbaïe, S. Victor: que le Cardinal Louis Alphonse de Richelieu Archevêque de Lyon qui en étoit Abbé, demandoit par ordre du Roi, on refusa de la seculariser par cette seule raison qu'elle étoit Chef d'Ordre.

Depuis la Bulle de Jules II I. de l'an 1549. il n'y a plus, comme nous avons dit , que quarante Religieux dans cette Abbaïe avec l'Abbé , dont il y a quinze Officiers qui sont, le Prieur Claustral qui est à la nomination de l'Abbé, qui le peut déposer quand bon lui semble, & en mettre un autre à la place; le Sacristain auquel est uni le Prieuré-Cure de NôtreDame de Sales au Diocese de Riez avec la jurisdiction temporelle de ce lieu ; l'Office d'Aumônier , auquel sont unis les Prieurés de saint Pierre de Gerasque, de Nôtre-Dame de Fosquieres au Diocese d'Aix,& de saint Victor de Marignane au Diocese d'Arles ; l'Office d'Infirmier,auquel song unis quatre Prieurés ; l'Office de Camerier qui a un Prieuré ; l'Office de Pirancier,qui a deux Prieurés; l'Office d'Hôtelier qui a un Prieuré; l'Office d’Armarier qui a deux Prieurés, le Prieur Claustral de faint Geniés un Prieuré, le Prieur Claustral de saint Pierre deux Prieurés, le Prieur Claustral de saint Nicolas un Prieuré, le Prieur Claustral de NôtreDame de la Garde un Prieuré , le Capiscol quatre Prieurés, le Soll-Prieur un Prieuré , le Portier un Prieuré, & le Drapier deux Prieurés.

Cette Abbaïe a donné plusieurs Prélats à l'Eglise. Le Pape Urbain V.en avoit été Abbé & il y a la sepulture. Il confirma tous ses privileges aussi-bien que Gregoire VII. Honorius III. Nicolas II I. & Nicolas IV. Les Rois de Francelui en ont aussi accordé, ce qu'ont encore fait l'Empereur Charles IV.& René d'Anjou Comte de Provence. Conrad Marquis de Malespine , en reconnoissance de ce que les Religieux de faint André de Pise qui dépendoient de l'Abbaïe de saint Vi&or , l'avoient fait participant de leurs prieres , exemta les Religieux de saint Victor & ceux des Maisons de sa dépendance , de tous les droits qu'ils pouvoient païer sur ses Terres.

Une pratique singuliere de cette Abbaïe , est la Communion generale que les Religieux de cette Maison font le jour

Congre- du Vendredi-Saint dans leur Eglise. Quelques-uns croient S. CLAUDEque c'est en vertu d'une Bulle qui leur a été accordées; mais

entre deux cens cinquante que Ruffi témoigne avoir vûë , il dit n'en avoir trouvé aucune qui en fasse mention : de sorte que, selon cet Auteur,il faut plûtôt l'attribuer à une ancienne coûtume qui s'est conservée sans interruption jusqu'aujourd'hui. Les Seculiers n'y peuvent pas communier que par une permission expreffe du Pape , comme il y en a un exemple en la personne de Renée de Rieux Baronne de Castellane, à qui Clement VIII. par un Indult donné à Rome le premier Juin 1591. permit de communier le jour du VendrediSaint dans l'Eglise de cette Abbaïe : ce même Pape la fit aussi participante de toutes les prieres & de toutes les bonnes cuvres des Religieux.

Joan. Bapt. Guesnai , Masilia sacra , & S. Joann. Call. Illuft. five Chron. Monast

. S. Victoris. Ruffi. Histoire de Marseille , Tom. II. liv. 11. Mabillon , Annal. Bened. Robert & Sainte-Marthe, Gallia Christiana; comme aussi les Arrêts du Conseil d'Etat qui ont été donnés pour

la réforme de cette Abbaïe.

CH A P I T R E X V I I.
De la Congregation de faint Claude's anciennement de

Condat & de faint Oyan, du Mont-Jura au Comté de

Bourgogne.
N

Ous ne prétendons point par le titre de Chef d'Ordre

& de Congregation que nous donnons à la noble & celebre Abbaïe de S. Claude , appurer le sentiment de ceux qui soûtiennent qu'elle a toûjours fait avec ses Membres qui en dépendent, un Ordre particulier & separé : nous ne la regardons au contraire que comme un de ces Monasteres que l'on n'appelloit dans l'Ordre de faint BenoîtChefs d'Ordre, que parce qu'ils avoient dans leurs dépendances plufieurs Maisons & Prieurés Conventuels. Cette prérogative lui étoit commune avec les Abbares de Marmoutier, de Fleuri, ou de saint Benoît sur Loire, de saint Benigne de Dijon, de Fuldes,de Lerins, & de saint Victor de Marseile, dont nous avons déja parlé, & avec celles de Sauve-Majour,

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