Page images
PDF
EPUB

liberté aux anciens Religieux de l'embrasser , si bon leur Congre : sembloit , ou bien de vivre fous une Regle plus mitigée , 5. Victor: conforme neanmoins à la Discipline Reguliere, retranchant ce qu'il y avoit de défectueux dans leurs veux, se reduisant à garder la clôture & à vivre en commun, se départant en même tems de toutes dispositions testamentaires , même des resignations de leurs Offices Claustraux, & places Monachales.

Sur ces avis,le Roi au lieu d'obliger les Religieux à opter, ou l'union à une Congregation Réformée , qui avoit été resoluë par le Concordat de l'an 1662. authorisé

par

l'Arrêt du Conseil d'Etat de la même année, ou du moins l'observation du Reglement qui avoit été dressé, & auquel les Religieux avoient de la peine à se soumettre, crur ne devoir pas gêner leur inclination : mais par un Arrêt du Conseil d'Etat du 16. Mars 1668. sa Majesté ordonna que par maniere de Provision , en attendant que les Religieux eussent pris eux-mêmes quelque resolution convenable à leur Profession , ils vivroient à l'avenir en commun ; qu'ils n'auroient qu'une même table ; qu'ils garderoient exactement la clôture ; qu'ils feroient leur demeure dans l'enceinte du Monastere, sur peine de privation de leur Mense Conventuele. Elle leur fit aussi défense de recevoir à l'avenir des Novices, ni faire aucun Profez ; de resigner leurs Offices Claustraux & les places Monachales , dont ils joüiroient par forme de simples administrations,sans pouvoir faire aucunes dispositions testamentaires, & declara les parens des Religieux incapables & inhabiles de leur succeder, ni d'avoir

à leur cotte-morte, laquelle demeureroit convertie au profit de la Communauté, & lesdits Offices Claustraux & places Monachales supprimées à mesure qu'elles viendroient à vaquer par le décés de ceux qui les rempliffoient pour être les revenus provenans de leur Mense Monachale , emploïés à rétablir les lieux Reguliers , sans qu'il en pût être rien détourné : & ordonna en outre que toutes les Lettres necessaires en Cour de Rome pour faire autorifer ce Reglement , seroient incessamment expediées. Sa Majesté commit aussi l'Archevêque d'Arles, l'Evêque de Digne , Toussaint de Forbin de Janson, & le premier Préfident du Parlement de Provence, pour l'execution de cet Tome V.

X

par un

CONGRE. Arrêt, enjoignant au Gouverneur de Provence, & à tous GATION OF Officiers de justice de leur donner main forte , lorsqu'ils en S. VieTOR

seroient requis.

Les Commissaires trouverent de si grands obstacles dans le rétablissement de la Discipline Monastique de cette Abbaïe , qu'ils crurent qu'il étoit difficile que les Religieux pussent se réformer par eux-mêmes ; l'Evêque de Digne pour lors Evêque de Marseille, & depuis de Beauvais, Cardinal de la sainte Eglise Romaine , & Grand Aumônier de France, aïant plus particulierement informé le Roi de l'état de cette Abbaie, & les Religieux aïant resolu de se soûmettre aveuglément aux Reglemens que sa Majesté voudroit faire pour la réformation de ce Monastere , le Roi Arrêt du Conseil d'Etat du 26. Juillet 1669. de l'avis de l'Evêque de Marseille , sans s'arrêter au Concordat du 18. Mars 1662. fait avec les Religieux de la Congregation de saint Maur, à l'Arrêt qui l'autorisoit, ni à tout ce qui s'en étoit ensuivi , & en attendant qu'il plût au Pape homologuer & autoriser ses Reglemens , ordonna

Premierement que l'Arrêt du 16. Mars 1668. demeureroit en sa force & vertu & seroit executé en tous ses points, fi ce n'étoit en ceux ausquels Sa Majesté dérogea par ce dernier Arrêt de 1669.1 10. Que conformement aux Saints Canons & à la Regle de faint Benoît , les Offices Claustraux, Chapelles & autres Benefices Reguliers de cette Abbaïe ne pourroient être resignés qu'en faveur des Religieux a&uellement profés de l'Abbaïe, & que les places Monacháles ne feroient point tenuës à l'avenir en titre ni resignées comme elles l'avoient été depuis plusieurs années par un abus très grand. III•.Que les Religieux de l’Abbaïe qui avoient des Offices Claustraux, seroient tenus d'en emploïer les revenus aux Charges de leurs Offices, ce qui seroit ausli observé à l'égard des autres Religieux qui se trouveroient pourvûs de Chapelles regulieres & autres Benefices dépendans de l’Abbaïe : & pour ce qui regarde les pensions Monachales qui étoient païées ordinairement à chaque Religieux en particulier , qu'elles seroient à l'avenir administrées par tre de l'Abbaïe pour être emploïées à la table , comme pour nourriture , vestiaires & autres necessités des Religieux. IV°. Que les Religieux seroient obligés de résider dans la clôture

le Chapi

[ocr errors][merged small][merged small]
[blocks in formation]

CONGRE

de l'Abbaïe , de laquelle ils ne pourroient sortir sans la permission du Superieur , & coucheroient dans un Dortoir SATION DE commun, à l'exception des Officiers qui pourroient coucher dans les appartemens de leurs Offices. Vo. Qu'il ne seroit donné aucune entrée dans la clôture du Monastere aux femmes & aux filles , de quelque qualité & condition qu'elles fussent , & que lesdits Religieux ne pourroient converser avec elles, sinon dans l'Eglise , ou autres lieux à ce déstinés. VI•. Que tous les Religieux prendroient leur réfection en commun, & seroient nourris de même viande , fi quelque necessité n'obligeoit le Superieur d'en user autrement, & que durant le repas on feroic la lecture. VII.. Qu'il seroit établi une infirmerie commune en quelque lieu commode , & en bon air dans la clôture du Monastere dans laquelle seroient reçus & charitablement traités tous les malades sant Officiers que Religieux , sans qu'il fût permis de les faire traiter hors le Monastere. VIII. Que lefdits Religieux deineureroient,conformément à quelques Bulles des Papes,dans l'usage de la viande les jours permis par l'Eglise,excepté le Mercredi de chaque semaine qu'ils s'en abitiendroient ; & que pareillement ils deineureroient dans l'usage du linge. Que pour l'habillement ils continuëroient de porter une soutane de laine noire , avec un scapulaire par deffus , & lorsqu'ils iroient à l'Eglise qu'ils porteroient le froc selon leur usage, & auroient aufli la tonfure. IX°. Que les Offices Divins y

feroient avec dévotion ; & que les Superieurs tiendroient la main à ce que tous y affistassent avec assiduité, & qu'aucun ne pourroit s'absenter sans cause legitime approuvée par le Superieur , à peine d'être puni, conformément à la Regle, & en outre que les Religieux vaqueroient à l’Oraison Mentale suivant la pratique de l'Ordre de saiøt Benoît

. Xo. Que pour eviter l'oisiveté, les Superieurs auroient soin que tous les Religieux emploïassent utilement leur tems à l'étude des Lettres , à la lecture spirituelle , ou à qnelque travail honnête , suivant la Regle. X 1°. Que l'obéissance seroit renduë exactement au Superieur par tous les Officiers &autres Refigieux ;. sans qu'il fût permis à aucun d'y manquer , sous les peines portées par la Regle. XII°.Qu'il seroit établi unNoviciat, dans lequel on ne recevroit aucun Novice qui n'eût été foigneusement examiné , qui n'eût l'âge requis de droit ; &

« PreviousContinue »