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encore confirmé par un autre Auteur anonyme, qui appelle #

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Moine de saint Gal,qui a écrit la Vie de l'Empereur Char- C
lemagne, on pouvoit en manger en ce tems-là le Vendredi :
car il rapporte que logeant chez un certain Evêque un
Vendredi, & n'aïant pas voulu manger de la viande ce
jour-là, ni d'animal à quatre pieds, ni # volaille, & ce Pré-
§ n'aïant point de † à lui donner, fit servir un trés .
bon fromage, avec de la graisse de viande. L'abus de man-
ger de cette graisse le Vendredi, duroit encore à Cluni du
tems de Pierre le Venerable, qui l'abolit avec beaucoup de
prudence & de raison.
Pour éclaircir ce qui est dit dans ce Reglement , que la
livre de pain devoit être de trente sous, & le sou de douze
deniers, plusieurs Auteurs ( dit le P. Mabillon) se sont fati-
ués pour donner une interpretation à ces paroles , & ne se
ont point accordés dans leurs sentimens. Celui qui paroît
avoir le plus approché de la verité, est Antoine Yepés, qui
dit que les Peres du Concile prescrivirent ainsi le poids de la
livre, pour se conformer à l'usage des François,qui avoient
accoûtumé de compter la livre de compte par vingt sous,&
le sou par douze deniers ; ce qu'ils pratiquoient aussi à l'é-
gard de la livre de poids : ainsi cet Auteur a cru que la li-
vre de pain devoit peser une livre & demie avant que d'être
cuit, & une livre parisis après la cuisson : c'est ce qu'il ap-
pelle la livre de poids, dont il est parlé dans la Regle, Libra
panis propensa. Le Pere Mabillon rapporte ensuite le temol-
gnage du P. Lancelot, qui a remarqué que suivant les Loix
de France un denier étoit la vingtiéme partie d'une once, & D

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sous quand le pain n'est pas cuit, pour être reduit à vingt
ous après la cuisson. Ce qui s'entend de la livre commune,
mais non pas de la livre Benedictine, qui est à bon poids.
Pour l'hemine de vin, nous avons déja dit en d'autres en-
droits, que c'étoit un demi-septier, du poids de huit onces,
selon le sentiment du P. Mabillon.
Tels furent les principaux articles des Reglements faits
pour l'Ordre de saint Benoît, qui fut approuvé dans le Con-
cile d'Aix-la-Chapelle en présence de l'Empereur qui en-
voïa dans tous les Monasteres des visiteurs pour les faire ob-
server , & qui établit saint Benoît d'Aniane , comme nous
avons dit, Chef& General de tous les Monasteres de Fran-
ce. Ces Statuts ou Reglemens , furent depuis en si grande
veneration, même dans le Mont-Cassin , qu'on les y gardoit
presque aussi exactement que la Regle même.
Saint Benoît d'Aniane voïant que quelques-uns em-
ploïoient des † & des présens pour tâcher d'obtenir les
Abbaïes qui servoient de retraite aux Moines,& qu'après en
être pourvû , ils appliquoient à leur usage § , les re-
venus destinés pour la subsistance des Religieux , ce qui
avoit causé la ruine de plusieurs Monasteres , & en avoit
fait passer d'autres dans les mains des Clercs seculiers, ilob-
tint de l'Empereur que l'on ne mettroit que des Abbés regu-
liers dans tous les Monasteres qui étoient encore en état d'en
avoir. Ce Prince accorda aussi au saint Abbé, que les Mona-
steres qui étoient obligés de faire des présens à l'Empereur,
& d'entretenir des gens de guerre & qui n'avoient pas suffi-
samment de revenus, pour nourrir les Religieux & s'acquit-
ter entierement de ces Charges, s'en acquitteroient seule-
ment selon leur pouvoir, & sans que pour y satisfaire en-
tierement , on fut réduit à rien retrancher de ce qui étoit
necessaire pour la nourriture des Religieux. Ce saint s'étant
entremis auprès de l'Empereur pour le soulagement de ces
auvres Communautés , on dressa dans le même Concile
d'Aix-la-Chapelle un état des Monasteres de l'obéïssance de
ce Prince pour marquer les devoirs dont ils étoient chargés
envers lui , & on en fit trois classes : les uns devoient des
dons & le service de guerre, d'autres des dons seulement, &
les derniers ne devoient que des prieres.Ainsi tous les Mo--
nasteres avoient un Protecteur en la personne de saint Be-
I)Olt

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C H A P 1 T R E X V I.
De la Congrégation de saint Victor de Marseille.

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expliquer l'interieur des Moines d'Egypte, dont il n'avoit

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jan 1ooo. Guifred ou Wifred en étoit pour lors Prieur,

& avoit été établi dans cet office par l'Abbé Guarnier qui

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