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Riglemens cile , Apollinaire , Abbé du Mont-Cassin : cependant cet DU CONCr. Abbé ne succeda à Gisulfe qu'au commencement de l'année.

818. & ce seroit plûtôt ce Gisulfe qui y auroit pu assister qu'Apollinaire, comme en effet le Pere Mabillon le croit vrai-semblable. Josué Abbé de saint Vincent de Vulturne, qui est un Monastere proche Capouë, dont nous avons déja parlé, fut aussi du nombre de ces Abbés.

LE
LA-CHA-
PELLE,

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Des Reglemens du Concile d'Aix-la-Chapelle de l'an 819;

touchant l'Ordre Monastique , avec la continuation de la

Vie de saint Benoît d'Aniane.
С

HARLEMAGNE signala son zele pour le bon ordre

des Maisons Religieuses dans divers Capitulaires & par plusieurs Conciles qu'il fit assembler. C'est ce qui paroîc par les Capitulaires d'Aix-la-Chapelle des années 789.804. & 811. &par les Conciles tenus en la même ville l'an 802.& à Chalons sur Saone , à Arles , à Tours, à Reims & à Mayence en 813. mais les Reglemens qui y avoient été faits pour le rétablissement de la discipline Monastique n'avoient pas été mieux observés , que ceux des Conciles d’Allemagne & de Lestines tenus par l'ordre de Carloman, non plus que ceux de Soissons & de Verneuil convoqués par Pepin. Un des premiers soins de Louis le Debonnaire lorsqu'il fut parvenu à l'Empire, fut de faire observer ces Reglemens. Pour cet effet il convoqua plufieurs Evêques & plusieurs Abbés à Aix-la-Chapelle , où les Evêques & les Clercs dresserent des Reglemens pour les Chanoines ; & les Abbés & les Moines des Statuts & des Constitucions, qui expliquoient la Regle de S. Benoît, & qui devoient être obfervés dans tous les Monasteres , pour y établir une Observance uniforme. Saint Benoît d’Aniane , à qui l'Empereur avoit donné la même autorité sur tous les Monasteres de France qu'il avoit euë auparavant sur ceux de Languedoc & d'Aquitaine, de sorte qu'il en étoit comme le Chef & le General, présida à l'Assemblée des Abbés , où l'on dressa ces Statuts ou Constituțions-, divisés en quatre-vingt Cha

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MENS DU'
CONCILE

CHAPELLE

pitres , selon quelques éditions , & selon d'autres en soixan- REGLEte & douze.

Comme la Regle de saint Benoît en est le fondement , d'Aix-LAon ordonna d'abord que les Abbés presens à certe Assemblée, liroient toute la Regle avec attention, & en peseroient sagement toutes les paroles, pour en sçavoir parfaitement l'esprit, & que tous les Moines qui le pourroient, seroient obligés de l'apprendre par ceur.

On ordonna ensuite que l'on reciteroit tous les jours l'Office Divin , comme il est prescrit par la Regle de saint Benoît, que tous les Religieux travailleroient eux-mêmes à la cuisine, à la boulangerie, & à tous les autres offices de la maison , & laveroient & nettoïeroient eux-mêmes leurs habits;qu'on ne se feroit point faire le poil dans le cours de l'année que tous les quinze jours, & point du tout pendant le Carême, fi ce n'étoit le Samedi Saint ; parce que les Penitens de ce tems-là, suivant la remarque du P. Mabillon , ne rasoient point leur barbe, & ne coupoient point leurs cheveux, & que les Moines qui étoient dans une profession continuelle de mortification & de penitence , devoient les imiter. Par cette même raison, il n'étoit pas permis de se faire saigner regulierement en certaines saisons ; mais seulement dans un vrai besoin & pressant. Toutefois ces saignées reglées pour les saisons , passerent depuis en Regle dans les Congregations plus modernes, qui ont même fait inserer dans les Calendriers de leurs Breviaires les jours ausquels il étoit permis de se faire saigner. Il étoit permis d'user du bain à la discretion du Superieur ; mais non pas frequemment,comme il étoit d'usage parmi les Seculiers. Ils devoient fe laver les pieds les uns aux

autres par un esprit d'humilité, principalement pendant le Carême, en chantant des Antiennes & des Pseaumes de Penitence.

Il étoit défendu de faire loger aucun Seculier dans l'interieur du Monastere , à moins qu'il ne voulût prendre l'habit & se consacrer à Dieu. Les Religieux mêmes étrangers devoient loger dans un Dortoir feparé. Aucun ne pouvoir voïager sans avoir un Compagnon pour témoin des a conduite. On ne devoit point recevoir facilement un Novice , fans l'avoir éprouvé par les exercices de la pieté & de l'humil ité, en lui faisant servir les Hôtes dans leur logis pen

REGLB dant plusieurs jours ; il devoit se reposer entierement pour CONCILE" l'administration de ses biens sur ses parens, sans s'en inquié

ter aucunement ; & après l'année de la probation, il pouvoir en disposer suivant l'esprit de la Regle. Il ne devoic prendre l'habit qu'en faisant son væu d'obéissance, qui étoit le seul qu'on faisoit en ce tems-là, dont on trouve encore quel,

D'AIX-LACHAPELLE.

ques Formules.

Il étoit permis aux peres & aux meres d'offrir leurs enfans aux Monasteres , & de faire pour eux la demande publique aux pieds des Autels ; mais si ces enfans étoient offeres si jeunes, qu'ils ne fussent pas en état de comprendre la grandeur de leur engagement, l'oblation ne devoit point être censée valable, à moins qu'elle ne fût ratifiée par celui qui avoit été offert lorsqu'il étoit parvenu à l'âge de discretion. Il ne devoit point y avoir d'autre Ecole dans le Monastere que pour ces enfans , qui pour leur grande jeunesse , avoient encore besoin d'éducation & d'instruction: car pour les Ecoles qui étoient exterieures & publiques , elles étoient uniquement pour les personnes du dehors.

Conformément à ces Reglemens, l'Abbé devoit se contenter de la portion ordinaire des Religieux pour sa nourriture, avoir le même habillement , n'être

pas

mieux couché que

les autres , & travailler comme eux aux offices de la Maison,pour montrer l'exemple. Il ne pouvoit point manger avec les Hôtes à la porte du Monastere, , mais seulement dans le Refectoire,& il pouvoit augmenter de quelque chose les portions à leur consideration. Il semble qu'en cela ces Statuts aïent dérogé à la Regle, qui ordonne que la table de l'Abbé sera toûjours avec les Hôtes & les Etrangers. Le Pere Mabillon n'est point sur cela du sentiment du Pere Hugues Menard, qui a prétendu que cela devoit s'entendre du Refectoire commun, & dit que si l'on confere ce Chapitre des Reglemens d'Aix-la-Chapelle avec le quarantedeuxiéme , où il est défendu d'introduire un Laïque au Refectoire pour y boire ou manger ; on demeurera d'accord que ces Reglemens ont pretendu parler premierement des Moines , peut-être même des Clercs qui pouvoient être inIroduits au Refectoire, mais non pas des Seculiers. L'Abbé ne devoit point non plus visiter les merairies fans necessité,niy laisser aucun Religieux pour les garder. S'il y avoit des Prieu

CHAPELLE,

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rés de la dépendance de son Monastere,il devoit y mettre fix Regia-
Religieux au moins, ou des Chanoines ; c'est-à-dire, des MENS DU
Ecclesiastiques qui vêcussent en commun. On devoit user d'Aix-la.
de punition corporelle pour les Religieux qui s'écartoient
de leur devoir , & qui ne vouloient pas se reconnoître ; mais
on ne pouvoit les fustiger nuds à la vuë des Freres, comme
il avoit été pratiqué long-tems; & ceux qui étoient en pe.
nicence pour de grandes fautes , devoient avoir un logement
separé, avec une cour où ils pussent travailler à quelque ou-
vrage qu'on leur impofoit, n'aïant de relâche que les Di
manches,qu'ils devoient emploïer à la priere.

Pour l'habillement, ces Statuts accordoient à chaque Religieux deux chemises de serge, deux tuniques, deux chapes, deux cucules , deux paires de caleçons , quatre paires de souliers pour le jour, des pantoufles pour la nuit, deux paires de chaussons, un roc , deux pelisses qui devoient descendre jusqu'aux talons, deux bandelettes dont ils se servoient dans les voïages , des gants en Eté, des moufles en hyver , aussi bien que des sandales de bois & du favon. Ainsi ces Statuts leur en accorderent beaucoup plus qu'il n'est porté par la Regle de saint Benoît , où il n'est point fait mention de chemises , de chapes , de rocs, de pelisses, de bandes , de gants, de moufles, de sandales de bois, de savon, ni d'aucune autre onction.

Les sandales de bois écoient autrefois en usage parmi les Moines de France, les Chapes étoient des habillemens qui descendoient jusqu'aux talons , la Cucule dont il est parlé dans ces Reglemens n'étoit autre que le Scapulaire qui n'avoit point de manches , & qui entouroit le corps jusqu'aux reins : il étoit quelquefois fendu par les côtés : il

y en avoit aufli qui ne l'étoient pas , ils ne devoient avoir que deux coudées , ou tout au plus ils devoient descendre aux genoux: le roc étoit un vêtement de lin pour les Clercs , & de laine pour les Moines , qui entourroit les épaules, & les bandes servoient à lier les haut de chausses ou calçons & les bas.

Quant à la nourriture , ils devoient faire deux repas les jours de Fêtes : & aux grandes Solemnités , c'est-à-dire, à Noël & à Pâques, quatre jours durant on pouvoit manger de la volaille ; mais elle étoit defenduë dans tout le reste de l'année. On ne mangeoit ni fruits ni herbes hors les repas.

CHAPELLE

REGLE- On devoit distribuer dans le Refectoire les Eulogies , parce. LENSID." que c'étoit la coûtume dans les Monasteres que tous les ReD'Aix-la- ligieux offroient à la Messe Conventuelle des pains, dont on

en consacroit une partie pour communier quelques Freres, & les autres étoient seulement benis , pour être distribués au Refectoire à ceux qui n'avoient pas communié, & qui devoient commencer par manger ce pain avant que de prendre leur

repas : ce qui fut encore ordonné dans ce Concile d'Aix-la-Chapelle. On permettoit la graisse dans la nourriture des Freres : la livre de pain portée par la Regle , devoit peser trente fous, le sou étant de douze deniers : ce qui pouvoir revenir à quatorze onces étant cuit , en ne prenant que la livre commune, & seize à bon poids , conformément á la Regle qui dit: Panis libra una propenfa fufficiat in die; c'est ce qui sera expliqué dans la suite. Au lieu de l'hemine de vin, on donnoit aux Freres le double de biere, aux lieux où le yin étoit rare. Le Vendredi Saint on ne devoit prendre que du pain & de l'eau , & fi le travail y obligeoit , on pouvoit boire après le repas du soir , même en Carême.

Ce Reglement, qui ordonnoit qu'on ne mangeroit de la volaille qu'aux Fêtes de Noël & de Pâques,ne fut fait qu'à cause qu'il y avoit plusieurs Religieux qui croïoient que la Regle perinettoit d'en manger, aïant seulement parlé de l'abstinence de la viande d'animaux à quatre pieds , & n'ažant point designé celle de la volaille ; & comme il y en avoit même parmi les plus sçavans qui étoient de ce lenti

par une espece de condescendance que le Concile accorda qu'on en mangeroit dans ces deux Fêtes quatre jours durant , & modera l'indulgence de ceux du MontCaffin, qui le permettoient ces deux Fêtes pendant huic jours : ce qui fait voir , dit le Pere Mabillon , que les Peres de ce Concile n'accorderent cette grace que malgré eux , comme croïant cet usage contraire à la Regle ; & laisserent à l'Abbé & aux Religieux la liberté de s'en abstenir s'ils le vouloient.

Ce sçavant Religieux fait aussi remarquer, au sujet de la graisse qui étoit permise dans la nourriture des Freres, que, 1elon ce qui est rapporté par l'Auteur anonyme de la Vie de faint Meinwerc , Evêque de Paderborn, & par Orderic Vital, au Liv. 8. de son Histoire, il étoit permis aux Religieux

ment,ce fut

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