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GATION DE
FULDES.

CONGRE. le sien. Mais le Landgrave Philippe aïant introduit dans la

suite la Religion Protestante dans ses Etats,l’Abbaïe d’Hirsfeld fut ruinée par les Heretiques ; & étant devenuë Principauté Seculiere par les Traités de Weltphalie , elle a été cedée au Landgrave de Hesse Cassel

. Les principaux villages

& châteaux qui dépendoient de cette Abbaïe, & qui font presentement partie de la Principauté, fontFriling, haute & balle, Geila, Utersdorf, Kerpeshausf , Mengshaus, Nedersula , Hartenbach,

Wergfurt, & Noder-Jolle. Quant à l’Abbaïe de Fuldes, elle est soầmise , comme nous avons dit, immédiatement au faint Siége,auquel l’Abbé païe une redevance de quatre cens florins ausi-tôt qu'il est élu. Elle a écé long-tems un Seminaire d'Evêques ; & entre les Privileges,elle avoit celui de fournir à l'alternative un Archevêque à l'Eglise de Mayence ; en sorte que de trois il devoit y en avoir un tiré de l’Abbase de Fuldes. On n'y reçoit que des personnes nobles ; ausli-bien que dans plusieurs autres Monasteres d'Allemagne, dont les Abbés, font pareillement Princes de l'Empire, & ont aussi voix & & séance dans les Dieres de l'Empire & dans le College des Princes, tels que sont les Abbés de Kempten , de Prume, de Stavelo & de Corvey, tous de l'Ordre de saint Benoît. Les Abbaïes de Murbach & de Lure en Alsace , avoient aussi le même droit, avant que le Roi fût maître de cette Province. Il y en a encore plusieurs autres, dont les Abbés sont : aussi Princes de l'Empire. Outre les Monafteres d'Hommes qui dépendoient de l'Abbaïe de Fuldes, il y en avoit aussi plusieurs de Filles. Les Religieux ont toûjours conservé le droit d'élire leur Abbé. Nous donnons ici l'ancien habillement des Religieux de cette Abbaïe. La premiere figure represente un Religieux en habic ordinaire', la seconde un Religieux en habit de Chæur. Quant à l'habillement moderne, il est conforme à celui des autres Benedictins.

Bruverius, Antiquit. Fuldenf. Bruschius , Chronolog. Monaster. Germaniæ. Stangel, Monasteriolog. Monaft

. S. Beneda in Germania. Trithême, Annal. Hirsaug. Bulteau , Hift. de l'ordre de saint Benoit, Joan, Mabillon, Annal. Bened. Heill, Hist

, de l'Empire.

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Vie de son BENOIT D'ANIANE.

S

CHAPITRE X I V.
Vie de saint Benoît d’Aniane , Reformateur de l'Ordre de

faint Benoit, & General de cet Ordre en France.
Aint Benoît d’Aniane , le Restaurateur de la discipline

Monastique,tiroir son origine des anciens Goths qui s'établirent dans l'Aquitaine & la Gaule Narbonnoise , nommée depuis Languedoc : il nâquit vers l'an 750. Dès la premiere jeunesse , Ion pere qui étoit Comte de Maguelone, le mit au service du Roi Pepin,dont il fut Echanson: il s'attacha ensuite au Roi Charles. Pendant qu'il étoit ainsi engagé dans le grand monde , la grace lui en découvrit le néant : il tourna ses désirs vers le Ciel , & sans quitter ses emplois , il s'appliqua à bien regler ses mæurs & sur tout à retenir sa langue & à pratiquer la sobriecé. Aïant pris le difTein de se retirer de la Cour, il hésita sur le genre de vie qu'il devoit embrasser. Son humilité le portoit ou à se revêtir d'un habic de Pelerin , ou à se mettre au service de quelqu'un,ou à gardes des troupeaux , ou à exercer quelque métier , pour foulager les pauvres de son travail. Il se résolut enfin d'embrasser l'état Monastique, & le danger où il se trouva un jour de se noïer, le détermina entierement de se donner au Seigneur; il fut encore fortifié dans cette résolution par un folitaire d'un grand merite nommé Witmar, qui étoit aveugle , mais très intelligent dans les choses divines. Il quitra ensuite ses parens comme pour aller à Aix-la-Chapelle où étoit la Cour: mais il s'arrêta en chemin au Monastere de faint Seine, d'où il renvoïa ses gens, & il y embrassa la vie Monastique l'an 774

Il y passa deux ans & demi dans une abstinence presque continuelle. Il ne prenoit pour toute nourriture qu'un peu de pain & d'eau , & craignoit le vin comme un poison. Lors qu’accablé de fommeil'il étoit quelquefois obligé de prendre

de

repos , il se couchoit sur la terre nuë. Souvent il passoit la nuit en prieres, nuds pieds, par le plus grand froid, & demeuroit plusieurs jours sans rompre le filence. Il portoit les plus méchans habits de la Communauté,& ne changeoit de tunique que rareinent. Il aimoit cant l'humilité que , fi la

un peu

1

Bincir D'ANLANE.

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VIEDES. cuculle étoit déchirée, il y mettoit des pieces d'une autre cou

leur , pour s'attirer la raillerie des autres Religieux qui cra-
choient sur lui , l'insultoient & le traitoient d'insensé. L'Ab-
bé voulut l'obliger à moderer cette vie rigoureuse ; mais il
ne put rien gagner sur son esprit; ce Saint lui répondoit que
la Regle de saint Benoît étoit faite

pour les commençans &
les foibles , & il s'efforçoit de remonter à celles de saint Ba-
file & de faint Pacome ; mais il avoit néanmoins un grand
soin d'observer celle de saint Benoît, pour laquelle il eut toû-
jours de plus en plus de l'estime & de la veneration , & à
laquelle il s'efforça de ramener tous ses freres.

On lui donna la Charge de Cellerier , dont il s'acquita si parfaitement, que l'Abbé étant mort cinq ans & huit mois après , il fut élù tout d'une voix pour remplir sa place : mais ses mæurs ne s'accordant pas avec celles de ses Religieux , il les quitta secretement , & retourna en son païs , où il se retira dans une terre de son patrimoine sur un ruisseau,nommée Aniane,près d'une Chapelle de saint Sacurnin. Il y bâtit un petit Monastere avec quelques autres solitaires , dont le principal fur ce Witmar dont nous avons parlé,qui lui avoit conseillé de se faire Religieux.

Benoît fic ce premier établissement vers l'an 780. Il y passa quelques années dans une grande pauvreté, demandant à Dieu jour & nuit , le rétablissement de la discipline Monastique.

"Il y avoit dans le voisinage trois hommes de grande vertu, Attilion , Nibride , & Annien qui vivoient fort religieusement sans avoir connoissance des observances regulieres. Benoît les consultoit dans ses afflictions, lorsqu'il avoit quelque peine d'esprit , principalement Attilion qui étoit le plus yoisin. Tels furent les commencemens du celebre Monastere qui prit le nom du Sauveur du monde , à cause qu'il lui fut dédié, & celui d'Aniane à cause de la situation sur cette petite riviere. Plusieurs personnes se présenterent d'abord pour vivre sous la conduite de Benoît: mais la nouveauté de Ion genre de vie les découragevit , quand on les obligeoit à prendre le pain au poids , & le vin par mesure : & ils abandonnoient leur bon dessein & retournoient dans le monde. Benoît fut troublé de leur peu de ferveur: & désesperant du succès de son entreprise il voulut retourner à son Monastere de saint Seine. Attilion qu'il consulta sur cela, lui fit connoîs

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