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qu'au 21. Octobre suivant; comme il paroît par les Ades Anciena Capitulaires de cette année-là. Nicolas Heffelin , qui étoit CREAM Prieur de saint Denis, fut élu General de la nouvelle Con-TION DE gregation. Le Pape Paul V. la confirma l'an 1614. sous le FRANCE titre de Congregation de saint Denis , & donna à tous les Monasteres , immédiatement soùmis au saint Siege,la liberté de s'y associer , dans l'esperance de rétablir par ce moïen l. Discipline Monastique en France.

S.Di NIS EN

neral , & que

L'année précedente le General Nicolas Hesselin étant mort. Denis de Rubentel fut élu en sa place. Il remplit aussi celle de Grand Prieur de cette Abbaïe, & mourut en 1620. aprés s'être demis quelque tems avant fa mort du Grand Prieuré , entre les mains de Firmin Pingré. Comme par sa mort la Congregation de saint Denis se vit sans Gé

dans le même tems Claude Louyer Prieur de Corbie qui en étoit Vicaire General vint à mourir , aussi bien que le Syndic nommé François Wast, Religieux & Chambrier de saint Magloire ; Firmin Pingré convoqua l'année suivante le Chapitre General dans l'Abbaïe de saint Corneille de Compiegne où l'on fit de nouveaux Officiers. Mais cette Congregation ne subsista pas long-tems. Le Monastere de saint Magloire qui étoit un de ses membres fue donné aux Peres de l'Oratoire l'an 1628. Elle en perdit encore d'autres dans la suite , & les Benedictins reforınés de la Congregation de faint Maur entrerene dans l'Abbaïe de saint Denis, chef de cette Compagnie l'an 1633. Ils eurent aussi dans la suite celle de faint Corneille de Compiegne, de Monstierender, de saint Pere de Chartres & quelques autres.

Nous avous veu ci devant que dans le nombre des Abbés Reguliers , cette Abbaïe a pû scompter des Regens du Roiaume, des Chanceliers & des Ministres d'Etat. Lorfqu'elle a été entre les mains des Laïques elle a eu des Rois mêmes pour Abbés,& avant qu'elle fut tombée en commende plusieurs de ces Abbés Reguliers ont été élevés à la dignité d'Evêque, d'Archevêque & de Cardinal. Le premier Abbé commendataire fut le Cardinal Louis de Bourbon l'an 1528. Le titre d'Abbé fur supprimé, & la Mense Abbatiale unie à la Maison Roïale de Saint Louis à saint Cyr l'any 1691. comme nous avons dit, en parlant de cette Maison dans la troisiéme Partie de cet ouvrage. Tome V

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ANCIENNE CON TION DE S.DENIS EN FRANCÉ.

Ses Abbés, quoique Reguliers , avoient séance au ParleGREG A ment de Paris , & avoient grand nombre d'Officiers Reli

gieux & Laïques. Lorsque l'Abbé de saint Denis alloit en campagne, il étoit ordinairement accompagné d'un Chambellan & d'un Maréchal , dont les Offices étoient érigés en Fiefs, comme il paroît par des A&tes des années 1189. & 1231. Ces Offices & ces Fiefs ont été depuis réünis au Domaine de l’Abbaïe, aussi bien que l'Office de Boütillier de l'Abbé, qui étoit pareillement un Office érigé en Fief & possedé par un Seculier Domestique de ce même Abbé, qui avoit toute jurisdiction spirituelle & temporelle dans la ville de saint Denis , & plusieurs de nos Rois lui avoient attribué la connoissance & la punition de tous les criminels qui seroient pris dans le Château & la ville de faint Denis & dans toute l'étenduë de leur jurisdiction , soit qu'ils fufsent usuriers , faux monnoïeurs & même criminels de Leze Majesté. A certaines Fêtes de l'année on chante dans l'Eglise de cette Abbaïe, la Melle toute entiere en langue Grecque, & en d'autres seulement l’Epître & l'Evangile. Elle a aussi toûjours conservé jusqu'à present la Communion sous les deux especes à la Mesle lolemnelle des Dimanches & des principales Fêtes de l'année, ou les Religieux non encore Prêtres communient de cette forte , non par un privilege special , comme plusieurs se l'imaginent (selon ce que dit le Pere Felibien , ) mais par un usage non interrompu dans cette Eglise, aulli bien que dans celle de Cluni.

Aprés toutes les pertes que cette Abbaïe à faites , il est étonnant qu'elle soit encore aujourd'hui la plus riche & la plus florissante du Roïauine , tant par la beauté de son tréfor , qui est d'un prix inestimable, que par ses revenus , qui quoique tres grands , le seroient encore davantage sans les disgraces qu'elle a éprouvées en differens tems ; dont les principales ont été celle du pillage qu'elle souffrit en 1411. pendant la guerre civile , qui fut causée par les differens qu'il y eut au commencement du XV. siécle, entre les Ducs d'Orleans , & de Bourgogne : ce qui aïant donné occasion aux Anglois de retourner en France , dont ils avoient été chassés , elle fut encore pillée en 1419. par ces peuples fiers & barbares : ils s'en rendirenț maîtres de nouveau en 1455,

ANCIEN NE CON

aprés que la ville de saint Denis , qu'ils affiégeoient leur elit été renduë par capitulation. Les Calvinistes n'eurent pas o RE GAplus de respeět pour ce Monastere. Car en 1562. étant entrés 5.DENIS EN dans la même ville de saint Denis, où ils profanerent plu- FRANCE. sieurs Eglises, ils endommagerent la plâpart de ses bâtimens, prirent presque tous les ornemens d'Église, dépoüillerent les Chasses des Saints , de l'or, de l'argent, & des pierreries dont elles étoient couvertes , emporterent & disperserent les Livres de sa riche Bibliotheque , qui étoit remplie de quantité d'anciens Manuscrits, & ils n'en feroient pas restélà , si le Prince de Condé, l'un de leurs chefs, qui aimoit cette Abbaïe , parce qu'il y avoit été élevé, n'eût arresté leur fureur, en faisant punir une douzaine des principaux auteurs de cet attentât. Mais ce ne fut pas là la derniere de ses disgraces ; car ( sans parler de celle qu'elle reçut de la Ligue en 1590. par

l'insolence des Soldats , qui non contens d'y avoir cominis plusieurs indignités , déroberent jusqu'au plomb de l’Eglise , ) le Duc de Nemours qui manquoit d'argent pour de fendre Paris , resolut d'en faire aux dépens du Trésor de cette Abbaïe, qui étoit gardé chez les Religieux de Sainte Croix de la Bretonnerie, en tira par un Arrêt du Conseil d'Etat, rendu le 28. Mai 1590. un Rubis estimé vingt-mille écus , & un Crucifix d'or pesant plus de dix-neuf marcs , que l'Abbé Suger y avoit mis. Iln'y eût pas jusqu'au Prévột des Marchands, conjointement avec les Echevins de Paris, qui voulant en enlever toute l'argenterie , firent rompre les serrures, & emporterent fix lampes d'argent , dont la plus grosse qui venoit d'Espagne, pesoit plus de quatre-vingttreize marcs , quatre figures d'Anges, & un benitier d'argent, le tout pelant deux cens quinze marcs. Mais presentement cette fameuse Abbaïe s'est remise de toutes ces pertes, avec tant d'avantage, qu'il seroit difficile de les croire, lí l'Hiftoire ne nous en assuroit.

Vorez Doublet & le P. Felibien , Histoire de cette Abbaie. Sainte-Marthe, Gall. Christ. Mabillon, Annal. Benedi&t. &c.

CONGREGATION DE LERIN S.

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CH A P I T R E
De la Congregation de Lerins, il est parlé des Reli-

gieuses de saint Honorat de Tarascon, & de celles de

Marmunster ou Momevaux,
L

'ABBAIE de Lerins l'une des plus celebres & des plus

anciennes de France, qui a été un Seminaire de saints Prélats & d'Abbés , qui ont gouverné la plûpart des Eglises & des Monasteres de ce Roïaume, ne reçut la Regle de laint Benoît

que dans le septiéme siécle : encore y fut-elle observée d'abord conjointement avec celle de saint Colomban. Cette fameuse Abbaïe , autrefois chef de Congregation fut fondée, non pas l'an 375.comme quelques-uns l'ont avancés mais l'an 410. par saint Honorat qui fut dans la suite Evê. que d’Arles. On ignore le lieu de la naissance de ce faint Fondateur ; on croît qu'il étoit d'une famille noble , & qu'il avoit même eu l'honneur du Consulat. Quoique son pere s'opposât à la conversion, il reçut le Baptême aussi bien que son

å
lui ayant

refolu tous deux de ne vivre que pour Dieu , ils embrasserent la profession Monastique sous la conduite de faint Capraise qui étoit Ermite dans une Ile proche Marseille. Ils allerent ensuite dans l'Achaïe : mais Venant étant mort à Moudon , saint Honorat revint en Provence, où étant attiré par Leonce Evêque de Frejus , il s'établit dans son Diocele, & choisit pour sa retraite l'Ille de Lerins qui étoit déserte, & où personne n'abordoit à cause de la quantité de serpens dont elle étoit remplie. Mais Honorat aïant chassé ces animaux y bâtit un Monastere qui fut bien-tôt habité par un grand nombre de Religieux de toutes sortes de Nations. Il étoit d'abord compolé de Cænobites & d'Anacho

semblable à une Laure où l'on vosoit une infinité de cellules separées les unes des autres. L'Ine de Lero qu'on appelle presentement sainte Marguerite, qui touche presque à celle de Lerins , étoit aussi habitée par de saints Solitaires qui ne faisoient avec ceux de Lerins qu'une même Congregation, gardant les mêmes observances. Il ne faut point

dit le Pere Mabillon ).recourir aux institutions de Callien

retes ,

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& dire qu'elles servoient de Regle à ces Solitaires , puis- CONGRE-
qu'elles n'étoient pas encore écrites. Il est vrai qu'on ne peut LERINS.
parler que par conjecture ; mais il est plus probable qu'ils
observoient la Regle de faint Macaire.

Saint Honorat aïant été élevé sur le Siège Episcopal
d'Arles, Maxime lui succeda dans le Gouvernement de
Lerins, & Fauste à Maxime, qui furent tous deux Evêques
de Riez. Fauste étant encore Abbé, eut un differend avec
Theodore, Evêque de Frejus , au sujet de la Jurisdiction
que ce Prélat prétendoit avoit sur cette Abbaïe , qui étoit
encore pour lors du Diocese de Fréjus , & qui n'a été que
dans la suite de celui de Grasse. Saint Honorat, en jettant
les fondemens de ce Monastere , étoit convenu avec l'Evê-
que Leonce , que les Clercs , & ceux qui approchoient des
Autels , ne seroient ordonnés que par l'Evêque, ou par ce-
lui à qui il en auroit donné la permission , & que lui seul
donneroit le saint Chrême ; mais que tout le Corps des au-
tres Moines Laïques seroit sous la dépendance de l'Abbé
qu'ils auroient élu. Theodore cependant prétendoit avoir
une Jurisdi&ion absoluë sur tout le Monastere. Pour reme-
dier au scandale que ce differend causoit, Ravennius Evê-
que

d'Arles, convoqua un Concile de treize Evêques dans
lequel il fut resolu que Theodore seroit prié de recevoir la
satisfaction de Fauste, qu'il oublieroit le passé, qu'il lui
rendroit son amitié, qu'il continueroit à lui donner les fe-
cours qu'il avoit promis , & qu'il ne pourroit s'attribuer sur
ce Monastere que ce que Leon son prédecesseur s'étoit at-,
tribué ; c'est-à-dire, que les Clercs & les Ministres de l'Au-
tel ne seroient ordonnés que par lui, ou par celui auquel il
en auroit donné commission : que lui seul donneroit le saint
Chrême, & confirmeroit les Neophites, s'il y en avoit: que .
les Clercs étrangers ou passans ne seroient point admis fans
fon consentement, ni à la Communion ni au Ministere: mais
que la multitude des Laïques ( c'est-à-dire , le reste des
Moines ) seroit sous la conduite de l'Abbé, fans que l'Évê-
que s'y attribuât aucun droit , ni qu'il pût en ordonner au-
cun pour Clerc, si ce n'étoit à la priere de l'Abbé.
C'est au sujet de ce Concile , qui se tint l'an 450.

selon
quelques-uns , ou, selon d'autres , l'an 455. & qui, selon M.
Fleury, ne peut pas avoir été cenu plus tard que l'an 461.,

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