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NE Con.
GREGA-

ANCIEN. avoit déja neanmoins un Abbé & des Religieux dans cette

Eglise de saint Denis, avant que ce Prince eût fait jecter les ITO N DE fondemens des nouveaux édifices; comme il paroît par une FRANCE. Charte datée de la quarante-troisiéme année du regne de

Clotaire II. c'est-à-dire, l'an 627. d'une donation faite par une Dame nommée Theodetrude , auquel tems Dodon en en étoit Abbé. Cependant quoique Dagobert n'en ait pas été le premier Fondateur, nul autre que lui n'a mieux merité ce titre, par les grands biens dont il a enrichi cette Abbaïe. L'on ne peut dire certainement en quelle année elle fut fondée pour la premiere fois, ni en quel tems Dagobert entreprit de rebâtir avec une magnificence Roïale l'Eglise de ce Monastere, où il emploïa un grand nombre de colomnes de marbre, & d'autres ornemens de même matiere. Elle étoit même , selon quelques Historiens, toute pavée de marbre, & brilloit au dedans de l'éclat de riches tapisseries, toute rehaussée d'or , de perles , & de pierres précieuses. Aų milieu de toutes ces richesses , il fit construire sur la sepulsure de saint Denis , Apôtre des Gaules , dont le corps se conserve dans cette Église, avec ceux de ses Compagnons Rustique & Eleuthere, un magnifique Tombeau , dont il donna la conduite à saint Eloi. Comme son deffein étoit d'établir la Psalmodie continuelle dans cette Eglise , à l'exemple des Abbaïes de saint Maurice d’Agaune & de S. Martin de Tours, il fit faire des bâtimens suffisans pour loger les Religieux qui devoient vacquer à ce saint exercice,ausquels il fit de grands biens ; & tant qu'il vêcut, il ne laissa échapper aucune occasion de favoriser ce Monastere , & de le combler de nouveaux bienfaits. Enfin , ce Prince étant mort l'an 638. dix ans ou environ après la fondation de cette Abbaïe, autant qu'on peut le conjecturer ; il voulut y être enterré: ce qui servit d'exemple à nos Rois, qui ont coûjours depuis élu leur sepulture dans ce lieu , à la reserve de quelques-uns , qui ont été enterrés en quelques autres lieux. Clovis 11. fils de Dagobert , regardant l'Abbaïe de saint Denis comme l'ouvrage de la pieré & de la magnificence de son pere, ne manqua pas de lui donner la protection, & confirma toutes les donations que ce Prince y avoit faites. Il lui procura aussi l'affranchissement de la Jurisdiction de l'Eyêque de Paris, par le Privilege d'exemption qu'il demandą

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DE

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saint Landry, & qu'il fit confirmer l'an 653. dans un AncienSynode ou Assemblée de plusieurs Evêques & des Grands GREGA du Roïaume. Charderic en étant Abbé en 674. fit bâtir TION sur son propre fonds le Monastere de Toussainval dans le FRANCE Chambli

. Il en fit dedier l'Eglise sous les noms de saint Denis & de faint Marcel , & y mit des Religieux de saint Denis , qui furent comme le premier eslain qui sortit de cette Maison. Le Roi Thierri premier autorisa ce nouvel établissement & lui donna même avec beaucoup de privileges

la terre de Noisi , pour l'entretien des Religieux ; mais ce Monastere n'est plus connu , & le P. Dom Felibien dans l'Histoire de l’Abbaïe de saint Denys , dont nous avons tiré la plus grande partie de ce que nous dirons dans ce Chapitre, croit que

c'est peut-être , l’Abbaïe du Val près Pontoise , possedée par les Feüillans.

La Psalmodie continuelle qui avoit été établie dans cette Eglise par le Roi Dagobert avoit été interrompuë ; mais l'an 723. Thierri II. ordonna qu'elle seroit rétablie : Et pour y engager les Religieux, il confirma leurs anciens Privileges accordés par les Evêques de Paris & les Rois ses predecesseurs. Une chose digne de remarque qui se trouve dans les Lettres que ce Prince en fit expedier , c'est que

l'on y lit

que saint Denis & ses deux Compagnons ,

saint Rustique & saint Eleuthere, furent les premiers Apôtres des Gaules & qu'ils vinrent à Paris

par

ordre du Pape saint Clement , pour y prêcher l'Evangile. Déja les biens dece Monastere avoient été usurpés en partie , lorsque Fulrad en fut Abbé l'an 750. Un de ses premiers soins, fut de les recouvrer : ce qu'il fit aisément avec le credit de Pepin qui n'étoit encore que Maire du Palais, mais qui avoit déja la souveraine autorité, & qui étant parvenu à la couronne, protegea certe Abbaïe comme auparavant : il honora même l'Abbé Fulrad de la dignité de Maître de la Chapelle,

En cette qualité cet Abbé fut obligé de suivre le Roi en Italie, lorsqu'il y porta la guerre pour remettre le Pape Etienne 111. en possession des terres de l'Eglise , dont Altofe Roi des Lombards s'étoit emparé. Ce Pontife qui étoit venu en France implorer le secours du Roi, avoit sacré de nou. yeau ce Prince & ses deux fils Charles & Carloman dans f'Abbaïe de saint Denis , où il avoit séjourné quelque tems:

NE Con
GRE GA-
TION DE
S.DENIS EN
FRANCE.

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ANCIEN. & comme il avoit besoin du credit de l'Abbé Fulrad auprès

de ce Prince, il lui accorda beaucoup de privileges. Entre
autres, il lui donna permission & à ses successeurs de fonder
autant de Monasteres qu'il leur plairoit, sous la protection
du saint Siege. Il accorda de plus à cet Abbé de ne pou-
voir être fait Evêque contre son gré & sans la volonté du
Roi Pepin , d’user de certaines chaussures, & de parer son
cheval d'un ornement particulier qui ne convenoit", selon les
apparences, qu'aux grands Seigneurs ou à quelques cere-
monies. Cette grace fut accordée par ce Pontife au seul Ful-
rad à la priere du Roi. Il ordonna même qu'aprés la mort
de cet Abbé , ces ornemens feroient mis avec son corps
dans le tombeau. Il lui donna encore le pouvoir d'élire un
Evêque qui fît les fonctions Episcopales dans ce Monastere
& dans les autres qui en dépendoient, & beaucoup d'autres
graces, qu'on peut lire dans l'Histoire de cette Abbaïe.

Il y avoit de ces fortes d'Evêques à saint Martin de Tours
Pleury,bift.

& en d'autres celebres Monasteres. M. l'Abbé Fleury Ecclef T. dit à la verité, que ce n'étoient point des Evêques titulaires, IX.lív.44. comme si ces Monasteres & ceux de leur dependance eussent

été des Dioceses mais qu'ils étoient de ceux qui aïant été or-
donnés sans aucun titre,ou qui après l'avoir quitté,se retiroient
dans ces Monasteres & y faisoient les fonctions, comme en
des lieux exemts de la jurisdi&ion des Ordinaires. Quelque-
fois c'étoient des Coévêques , qui avoient leur fiége fixe
dans les Monasteres , ou l'Abbé qui étoit en même tems
Evêque de son Monastere, & d'autres fois c'étoient de sim-
ples Prêtres à qui on donnoit le titre d'Evêques , parce
qu'ils avoient Mission pour prêcher l'Evangile en certain
territoire.

Pepin aïant voulu rendre la Basilique de saint Denis plus
auguste, avoit fait commencer un nouveau bâtiment dont
la construction fut interrompuë par sa mort, qui arriva l'an
768. mais Charlemagne son fils I'aïant fait continuer , il fut
achevé l'an 775. Ce Prince vint à saint Denis & fit faire la.
ceremonie de la Dedicace avec toute la pompe imaginable.
Le Monastere se sentir aufli de ses liberalités : car il lui fit
don de ses metairies de Luzarches avec l'Eglise du lieu,
Fâtie sous l'Invocation de saint Cosme & de saint Damien,
& d'une autre metairie, Lituée à Messi au Diocese de Meaux.

L'année précedente il avoit confirmé la donation que son pere ANCIENy avoit faite des terres de Faveroles & de Noron , avec une GRECA partie de la forêt Jueline, des cerfs & des chevreuils qui y TON DE étoient , dont les cuirs devoient servir pour couvrir les li- FRANCE. vres des Religieux & la chair pour la nourriture des malades : d'où le P. Mabillon tire une conséquence, qu'en ce tems là l'abstinence de la viande étoit en usage dans cette Abbaïe.

Un differend que l'Abbé Fulrad eut avec l'Evêque de Paris au sujet d'un Monastere bâti au village de Plaisir près de saint Germain en Laïe , fournit un exemple d'une épreuve qui se faisoit dans ce tems là pour juger des procès. L'Evêque alleguoit que ce Monastere avoit été donné à son Eglise ; Fülrad foûtenoit que c'étoit un don fait à son Abbaïe. Les Juges ne sçachant lequel des deux avoit droit, eurent recours à l'épreuve qu'on appelloit le jugement de Dieu devant la Croix. Deux hommes dont l'un solltenoit les droits de l'Eglise de Paris, l'autre ceux de l’Abbaïe de saint Denis , allerent dans la Chapelle du Roi, & pendant qu'un Prêtre recicoit des prieres , ils commencerent tous deux en même-tems à étendre les bras en forme de Croix. Celui de saint Denis étant demeuré ferme dans cet état, & l'autre aïant chancelé un peu , il n'en falluc pas davantage pour faire perdre le procès à l'Evêque, qui avoüa lui-même que Dieu s'étoit déclaré en faveur de l'Abbaïe de saint Denis: sur quoi le Roi assisté des Comtes & des autres Officiers de justice prononça en faveur de l'Abbé Fulrad, qu'il maintint en possession du Monastere de Plaisir par un Arrêt du 28. Juillet 775. mais cette sorte d'épreuve für interdite quelques années aprés par Loüis le Debonnaire.

L'Abbé Fulrad par son testament fait à Heristal , sept ans avant sa mort, donna à son Abbaïe tous les biens qui lui étoient échus en heritage, dont quelques-uns étoient situés en Alsace & en Brisgau, avec ceux qu'il avoit eus par presens, soit de nos Rois, soit de ses parens ou de quelques-uns de ses amis, & les terres qu'il avoit acquises à titre d'échange, ou autrement. Il assujettit à la même Abbaïe tous les Monasteres qu'il avoit fondés ou rebâtis au Diocèse de Mets & ailleurs, comme ceux de Salone, de sainte Hippolyre ou faint Bilt, de saint Cucuphas , d'Arberting , d'Ada.

NE CONGREGA

Ancien- logne, sans compter ceux de Lebraha & de saint Alexandre

qu'il y avoit déja soûmis. Outre ces Monasteres & ceux donc TION NE nous avons ci-devant parlé, il y avoit encore celui de saint FRANCE. Michel, qui est présentement une fameuse Abbaïe proche

Yerdun qui étoit aussi de la dependance.

Quant au testament de l'Abbé Fulrad , il faut remarquer que les Abbés Reguliers n'avoient pas plus de

pouvoir que les autres Religieux de donner par testament à leurs parens ou à d'autres , & que s'il se trouve plufieurs testamens de cette nature en faveur des Monasteres , c'est qu'ils ne faisoient queconfirmer les donations qu'ils y avoient faites avant que d'y faire profellion , ou celles qui avoient été faites en leur consideration, depuis qu'ils avoient embrassé l'état Religieux, ne pouvant point disposer de leurs propres, puisqu'ils n'en avoient point,& ne pouvant pas non plus d'ailleurs disposer des biens du Monastere , dont ils n'avoient que l'economat. Nous donnons ici l'habillement des Religieux qui étoient à saint Denis du tems de l'Abbé Fulrad , que nous avons tiré sur les figures que le Pere Mabillon en a données dans le deuxiéme Tome de ses Annales Benedictines.

Fulrad étant mort l'an 784. Maginaire l'un de ses Dife ciples lui succeda. Il obrint (entr’autres privileges du Pape Adrien I. l’an 786. la confirmation de celui qui avoit été accordé à Fulrad par Etienne III. d'avoir un Evêque à saint Denis pour y faire , selon les besoins , les fonctions Episcopales , & dans les autres Monasteres qui en dépendoient. Il fut envoïé en Ambassade en Italie, & à son retour il obtint d'Offa Roi des Merciens en Angleterre, la confirmation des biens situés au Port de Landowic , qui avoient été donnés par quelques-uns de ses sujets à l'Abbaïe de saint Denis , à laquelle ce Prince donna aussi ce qui lui appartenoit au même lieu, en or, en argent, & autres revenus , & ratifia en même tems le don que le Duc Bertwal avoit aussi fait à cette Abbaïe d'une autre part. Ce ne fut pas

le seul endroit hors du Roïaume où ce Monastere avoit des biens. Charlemagne lui en donna aussi dans la Valtea line ; elle en eut dans la suite en Allemagne, en Espagne', & en d'autres Provinces. Outre les Monasteres de sa dépendance qu'elle avoit en France, elle en avoit encore dans les:

païs

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