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NES Regu-
LIERS DE

CE D'A.
GAUNE,

CHaNot-"noines Seculiers. ' Trente ans après ou environ cette Abbaïe

aïant esté donnée à Hubert , frere de' Thietberge femme de S. MAURI- Lothaire Roi de Lorraine ; les biens & ses revenus furenc

dislippés par la mauvaise vie de cer Abbé , l'Office Divin
fue interrompu ; ce qu'on avoit accoustume de donner aux
Ministres des Autels, estoit diftribué à des courtisannes s à
des fcelerats', & emploie pour la nourriture d'un grand nom-
bre de chiens ; il époufa mesme une femme déja mariée , qui
eftaót separée de fon mari ,"estoit entrée dans un Monastere,
d'où il l’enleva. Charles le Chauve , aprés la mort de fa
femme Hermintrude', aïant épousé, aussi-tost qu'il en eut re-
çu la nouvelle , 'Richilde qu'il entretenoit comme concubine ;
it donna l'Abbaie de faine Maurice au Comte Bofon frere de
Richilde, lequel se fie couronner quelque tems après , Roi
de Provence ou d'Arles. Mais dans le neuviéme le & dixiéme
fiécle, on n'estoit pas fürpris de voir des Abbaïes entre les
mains" des Seculiers & de personnes Laïques & mariées.
Şouvent des hommes estoiene Abbés de Monasteres de filles,
& des filles ou femmes avoient des Monasteres d'hommes,
avec le titre d'Abbés, & mesme on en donnoit pour doc en
mariage.
2. L'Åbbaie de faint Maurice avoit esté déja ravagée par les
Lombards dès le huitiéme siécle. L'Empereur Charlemaa
gne l'avoit fait reparer ; mais elle fue encore brlilée
Sarrasins dans le dixiéme siécle;& les Observances n'y furenc
entierement recablies, que fors qu'on y euft mis des Chanoi-
nes Reguliers'; 01 que les Chanoines Secufiers qui y estoient
fe - furene foumis à la desapropriatione , '& eurent reçu la Re-
gle de faint Augafin ce qui ne petit estre arrivé qu'au com-
mencement du douziéme siècle, ou fous le gouvernement de
l'Abbé Hugues , qui avoit fait rebastir l'Eglise, qui fur consa-
érée par le Pape Eugene III. lan 1146. Ces Chanoines fu-
reiit en grand credit ; on en demanda en plusieurs 'endroits,
& ils formerene une Congregation , dont l’Abbaïe de faint
Maurice fut Chef. Ils porroient un camail rouge sur le ro-
cher ; c'est pourquoi Guillaume Comte de Ponthieu, l'an 1210.
leur ashgna tous les ans,treize livres de rente furla ḥalle d'Ab-

beville'T, "pour acheter vingt-aunes d'écarlate pour leurs du Trefor Caprices. : 3 mais!

par les

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L'on rouve dans le Ttresor des Chartes du Roi, des Lettres Regift 31.

des Charte:.

num. 8.

NES REGV
LIERS DES

de Guillaume Abbé :& des Religieux de cette Abbase , de CHANOIl'an 1261. qui portent que l'Abbé desirane facisfaire la devotion que le Roi faint Louis avoit de fonder des maisons de cei MAURICE Ordre, il lui avoit' demandé quelques Reliques des faints D'AGAUNE Martyrs dela Legion de saint Maurice estant dans son Abbaïe, qu'à cet effet, il en avoit tiré quelques-unes du trelor de son Église, & les avoit envoïées à ce Prince , qui les avoit reçuës solemnellement en Procession accompagné de plusieurs Prelats , Ecclesiastiques & Seculiers , & les avoit fait

porter dans la Ville de Senlis , pour les déposer dans l'Eglise ou Chapelle qu'il vouloit fonder proche de son Chasteau, prétendant les disperser en, plusieurs Eglises & Monasteres de fon Roïaume ou il institueroit des Chandiness & de crainte que dans la fuite il' n'arrivât quelque different entre lui & l'Evefque de Senlis touchant l'Institution de ces Chanoines, il estoit demeuré d'accord avec Robert Evesque de Senlis, que les Chanoines de son Ordre que le Roi inettroit dans cette Eglise 'où Chapelle qui seroit dediée en l’honneur de la sainte Vierge ; de saint Maurice & de ses. Compagnons , observeroient l'usage & les ceremonies de l'Eglise de Paris, en faisant l'Office divin comme faisoient les Chapelains de la Chapelle du Roi : que ces Chanoines pourroient du consentement du Roi en recevoir d'autres sans en demander permission à l’Evesque , qui ne pourroit les ofter pour quelque raison que ce fúst sans le congé du Roi, si ce n'estoit pour cause de scandale : que ces Chanoines après la inort de leur Prieur en pourroient élire un autre de leur Maison, ou d'une autre de leur Ordre sans sa permission: que l'Eyesque de Senlis & ses Successeurs y pourroient prescher, confirmer, donner les Ordres , & y faire l'Office divin en donnant Acte au Prieur , comme ils n'entendent pas par-là préjudicier aux libertés &privileges de cette Eglise: qu'il n'y pourroit faire la visite qu'une fois l'année du consentement du Roi : que s'il y a quelque chose à corriger il en avertira le Prieur ; & fi la correction regarde le Prieur , il en donnera avis à l'Abbé.

Les Reliques des Compagnons de faint Maurice furent deposées d'abord dans une petite Chapelle, & faint Louis ne fit bâtir l'Eglise de faint Maurice & le Monastere que l'an 1264. & y mit treize Chanoines. Il'y avoit aussi un Prieuré de cer Ordre à Semur en Bourgogne sous le titre de faior Jean

NES REGU
LIERS DE

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CHANOE l'Evangeliste. Il semble que cet Ordre n'avoit que ces deux

Prieurés en France ; car selon le Catalogue des Abbés de ce S: JEAN DES Monastere que Messieurs de Sainte-Marthe ont donné,

Barthelemi de Gortion soxante & huitième Abbé, viGta les Prieurés de Semur & de Senlis qui estoient en France, & les reforma. L'Empereur Arnoul est marqué dans le nombre des Abbés. au même Catalogue ; mais il n'est pas fidelle , & on n'y peuc pas ajouster beaucoup de foi.

CHAPITRE XIII.
Des Chanoines Reguliers de Saint Jean des Vignes

à Soissons.
LA

'ABBAYE de faint Jean des Vignes à Soissons fut fondée

par Hugues Seigneur de Chalteau-Thierry l’an 10763 tous le regne

de Philippes premier Roi de France. Cet Hugues aïant usurpé plusieurs Eglises avec les biens qui en dépendoient , touché de repentir alla trouver Thibaud Evesque de Soiffons pour les lui remettre entre les mains, à condition que l'r glise de saint Jean, qu'on appelloit pour lors du Mont, ftuée dans la Ville de Soiffons, & qui estoit celle qu'il avoit injustement retenuë, feroit desfervie par des Chanoines vivans en commun ; & que les autres Eglises avec les biens qui en dependient , & dont il avoit ausli eu la joissance y leroient unis. Le Roi approuva cette fondation la même année; & l'an 1088. Hugues croïant n'avoir pas assez satisfait à sa conscience touchant son ufurpation fumoniaque, fit don au Monastere de saint Jean , de trente arpens de vignes qui estoient aux environs , d'où est venu le nom de saint Jean des Vignes que ce Monastere a porté jusqu'à present. Cette fondation fut approuvée par l'Evelque Henri, qui voulant encore favoriser ces Chanoines Reguliers , leur donna une Prebende dans l'Eglise Cathedrale du consentement de fes Chanoines.

Odon fut le premier Abbé qui après avoir gouverné ce Monastere pendant treize ans, mourut l'an 1088. & eut pour Successeur Roger, auquel Urbain II. adr lla l'année suivante na Bref, par lequel il le reçuc lui & les Chanoincs sous la pro

Chanoine Régulier de S'Jean des Vignes.

16.

SRSIDAD CE

UNIV

BIBLIOTE

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