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REGULIE-
RES.

ORIGINE doüilliere, ce qui leur sert aussi d'habillement de Cheur; NOINESSES mais il y en a quelques-unes qui mettent encore des surplis

par dessus lorsqu'elles y vont. Enfin il y en a beaucoup d'autres qui ont des habillemens differens , nous parlerons d'elles en traitant des Congregations ausquelles elles sont soumises ou ausquelles elles ont quelque rapport

. On n'est pas surpris de voir ces Chanoinesses en rocher & en surplis, & mesme avec une bande ou banderole de toile; puisque, comme nous avons dit , en parlant des Chanoines Reguliers, ces rochets , surplis & bandes , estoient dans leur origine, & avant qu'on les eust accourcis & étraicis, une aube qui estoit commune à toutes sortes de personnes de l'un & de l'autre sexe, mesme aux Laïques ; mais on est surpris de voir que quelques Chanoinesses aient pris des aumuces , puisqu'il n'y avoit autrefois que les hommes qui s'en servoient pour couvrir leurs testes ; & que les Religieuses des voiles pour cet usage. A la veritě ces fortes de Chanoinesses avec des aumuces sont rares. Les Religieuses Premontrées en portent en quelques Provinces , & on ne trouve que les Chanoinesses de Chailloc prés Paris ( parni celles qui se dit sent purement & simplement Chanoinesses,) qui les aient imitées, à la difference que les aumuces des Religieuses Premontrées sont blanches , & que celles des Chanoinesses de Chaillot font noires, mouchetées de blanc. Elles s'establirent d'abord à Nanterre en 1647. Ce furent des Religieuses de faine Eftienne de Rheims, d'où sont aulli sorties celles de Picpus,qui firent cet establissement ; mais les guerres civiles estant survenuës

peu de tems après, cette Communauté naissante fue obligée de s'approcher plus près de Paris , & vint demeurer à Chaillot, qui est regardé comme un des fauxbourgs de cette grande ville , & qu'on appelle en effet le fauxbourg de la Conference.

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CHANOINES
DE S.CHRO-
DEGAND.

CH A P

H A P I T R E - VIII.
Des Chanoines vivant en commun,establis par S.Chrodegand

Evefque de Metz, avec la vie de ce faint Fondateur.
Q!

UOIQUE le Diacre Amilarius dise , que saint Chro

degand est le premier qui a donné commencement à la vie commune des Clercs , & qui ait dressé pour eux une Regle, on ne peut pas néanmoins oster à faint Augustin la gloire de l'avoir devancé; mais il y a bien de l'apparence que le Clergé de France avoit abandonné ces saintes pratiques, & estoit tombé dans un grand relâchement , lorsque saint Chrodegand monta sur le Siege Episcopal de Metz l'an 742.& la vie commune qu'il fit observer au Clergé de son Diocese , pour lequel il dressa une. Regle particuliere, lui a fait donner le titre de Fondateur & de Restaurateur de la vie commune parmi les Clercs ; puisque cette Regle ne fut pas seulement observée

par

les Clercs de la Cathedrale, & les autres de son Diocese ; mais qu'elle servit de modelle à la reforme de plufieurs Eglises de France, d'Allemagne & d'Italie, & qu'elle est à peu près la mesme qui fur dressée par le Diacre Amularius par les ordres de l'Empereur Louis le Debɔnnaire , lorsqu'il voulut reformer tout le Clergé dans le Concile d'Aix la Cha-pelle l'an 816.

Ce Saint fortoit d'une des premieres Noblesses d'Austrasie. Il nâquit dans le païs d'Hasbaing ou Haspengaw sur la Meuse;. d'un pere nommé Sigram & d'une mere nommée Landrade, que plusieurs croïent avoir esté fille de Charles Martel', & fæur du Roi Pepin. On l'envora d'abord au Monastere de faint Tron, pour y estre élevé dans la pieté & y apprendre les fciences humaines. Lorsqu'il fut en âge d'estre produit à la Cour, on le fit connoistre à Charles Martel Maire du Palais de nos Rois , qui le retim près de lui , & conçut pour la vertu? & fa science une fi grande estime & une fi grande affection, qu'il le fit lon Referendaire & ion Chancelier , & se servit de kii comme d'un excellent Ministre d'Etat. Il fit parojstre dans ce poste tant de fageffe & d'équité, que le Siege Episcopal de Metz estant venu à vaquer vers l'an 742. par la mort de Sigebald , peu de jours après la mort de Charles Martel ,

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DEGAND.

CHANOINE, il fut demandé par le Clergé & le peuple de la ville pour estre DES CHRO leur Evesque.

Pepin qui ne le chérissoit pas moins que son pere avoit fait, eur de la peine à accorder leur demande, ne voulant pas

le priver d'un Ministre si éclairé ; mais à la fin il y consentit, à condition que Chrodegand seroit toûjours Ministre d'Etat. Cette double élection n'apporta aucun changement dans le cæur de nostre Saint. Il ne perdit rien de fon humilité, & loin de moderer ses mortifications & ses austerités, il les

aug. menta , & sa charité fut sans bornes. Pepin aïant esté sacré Roi de France à Soissons par

saint Boniface de Mayence, il deputa aussi-tost Chrodegand vers le Pape Estienne Ill. pour le prier de venir en France, & se délivrer ainsi de la vexation des Lombards. Nostre Saint executa la commission, & conduisit lui-mesme le Pape, le garentissant des dangers dont il estoit menacé. Il obtint de ce Poncife les

corps des trois Martyrs saint Gorgon, saint Nabor 86 saint Nazaire , qu'il mit en trois Monafteres ; saint Nabor à saint Hilaire aujourd'hui faint Avol, au Diocese de Metz ; saint Nazaire à Loresheim fondé près de Vormes, dont le premier Abbé fut Gondelan frere de saint Chrodegand,& il mit les Reliques de saint Gorgon dans le Monastere de Gorze.

Il fut encore envoïé en Ambassade près d'Astuphe Roi des Lombards

porter

à restituer les villes & le païs qu'il avoit pris au saint Siège. Ce fut au retour de ces negociations qu'il s'appliqua avec beaucoup de soin à rétablir la discipline de fon Eglise dans sa pureté. Il rassembla tout le Clergé de son Eglile en un Corps , & le fit vivre en commun dans un Cloistre semblable à ceux des Monasteres , & afin que fes Prestres estant debarassés des affaires feculieres & des choses de la terre, s'appliquassent uniquement au service de Dieu, il pourvut à tout ce qui estoit necessaire pour leur subfistance. Cependant il eut besoin du credit qu'il avoit à la Cour, pour vaincre la contradiction qu'il eut à souffrir de la part

des Chanoines, qui s'oppoferent long-tems à cette reforme. - La Regle qu'il composa pour eux, contenoit trente chapitres , &eltoit tirée des saints Canons , des ouvrages des Peres, & principalement de la Regle de S. Benoist. Il ne les engagea

pour le

pas

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