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N. DAME

des affaires de leur Congregation, le prierent inftaim'nent de RELIGIRsonger aux moïens qu'il faudroit prendre pour obtenirdu faint SES DE LA Siege la confirmation de leur Congregation ; la permission GATION DE d'eriger leurs Maisons en Monasteres, avec celle de pouvoir faire des Væux folemnels. Le Cardinal de Lenoncourt Primat de Nancy voulut bien se charger de cetre negociation & estre le Protecteur de ces bonnes Filles. Il follicita si fortement les Bulles necessaires , qu'il en obrint une du Pape Paul V. le

premier Fevrier 1615. mais à cause des difficultés qu'on apporta a Rome de joindre l'instruction des petites filles externes avec la clôture', la Sainteté n'accorda par cette Bulle que les penfionnaires. Le Cardinal de Lenoncourt fur de nouvelles initances en obrint une seconde le fixOctobre 1616. qui leur

permettoit l'instruction des filles externes. Certe Eminence fit encore davantage en faveur de cette Congregation naisfante, en voulant bien estre le Fondateur du premier Monastere, qui fut eftabli à Nancy ; car quoique celui de saint Mihiel soit la

premiere Maison où la Congregation a esté formée, c'est neanmoins celle de Nancy qui la premiere a pris la clôture.

Pendant que par les ordres de ce Cardinal on bâtissoit ce premier Monastere, la Mere Alix avec une Compagne alla à Paris chez les Ursulines du fauxbourg saint Jacques, afin d'apprendre la methode qu'elles observoient en joignant avec la clô ture l'instruction des perites filles externes. Elle partit de Nancy le 12. Mars 1615.& fut receuë chez les Ursulines

par

Mademoiselle de sainte Beuve leur Fondatrice , & par Madame de Vill'ers de faint Paul,qui y avoit esté envoiée de l'Abbaïe de saint Estienne de Soissons pour establir parmi elles la Regularié, & qui fut dans la suite Abbesse de saint Estienne de Rheims. La Mere Alix y demeura près de deux mois pour y voir tous les exercices Reguliers, qu'elle pratiqua coinme ane Novice, enfuite de quoi elle retourna en Lorraine.

Le long sejour que le R.P.Fourier fit à Nancy durant l'année 1616. lui donna le tems de cravailler aux Constitutions de cette Congregation, qui furent achevées sur la fin du mois de Fevrier 1617. Les aiant communiquées au Cardinal Primat en presence de quatre Pp. de la Compagnie de Jesus , & aïanc pris l'avis de quelques anciennes Meres de la Congrega tion, leur sentiment fut qu'il les porteroit à l'Evefque de Tout pour le prier de les approuver & confirmer suivant le pouvoir

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RELIGIEU-
SES DE LA

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qu'il en avoit reçu du Pape par la Bulle de Confirmation de Coronie, cette Congregation. C'eitoit pour lors Jean de Maïllane des N. D. Porcelets dont nous avons déjà parlé autre part. Ce Prelat les

aïant examinées en presence de son Confeil, y donna son ap-
probation le 9. Mars 1617.

Le Monastere de Nancy estant en estat d'y pouvoir loger
commodement, les premieres Meres de l'Ordre y vinrent pour
prendre l'habit qu'elles reçurent des mains du Cardinal de
Lenoncourt leur Fondateur , le jour de la Presentation de
Notre-Dame ; & après que les Ceremonies furent achevées,
son Eminence les conduilt processionnellement dans leCloiltre
en chantant le Te Deum. Quelques jours après , les Meres de
saint Mihiel & de Châlons s'en retournerent chez elles pour
faire ériger leurs Maisons en Monasteres , & l'année du No-
viciar estant expirée , la Mere Alix & les Compagnes firent
leurs Væux folemnels entre les mains du R. P. Fourier le
deuxiéme jour de Decembre 1618.

Ces trois Maisons de Nancy , de saint Mihiel & de Châlons ont esté les premieres érigées en Monasteres , d'où on a tiré des Religieuses Profelles pour commencer la pluspart des autres Monasteres de la Congregation , qui se font tellement multipliés , qu'il y en a presentement plus de 80. tant

en France qu'en Lorraine , en Allemagne & en Savoie. En 1641. quelques Monasteres ont reçu de nouvelles Constitutions, les autres sont demeurés dans l'observance des anciennes, qui avoient esté dressées par le Pere Fourier. L'Archevelque de Sens Octave de Belgarde obligea les Monasteres de Provins , de Joigny, d'Etampes & de Nemours de son Diocese, de les recevoir. Son Successeur Louis-Henry de Gondrin drella des éclaircillemens ou Reglemens sur ces mesmes Confcitutions , tirés de tous les Livres & écrits du Pere Fourier, lesquels Reglemens furent imprimés à Paris en 1674. ces differentes Constitutions & ces Reglemens n'ont pas empesché que tous les Monasteres ne soient demeurés dans une parfaite union, entretenant toûjours une grande correspondanceentr'eux.

Après la folemnité des Vaux, la Mere Alix ne vécut que trois ans. Les grandes austerités & les macerations qu'elle exerçoic sur son corps , aïant abregé le cours de sa vie, qu'elle termina dans la quarante-sixiéme année, estant morte le 9. Janvier 1622.

SES DE LA

Pendant la derniere maladie, la Duchelle de Lorraine,

RELIGIEU les Princesses les filles, & plusieurs personnes de la premiere Concret. qualité la visiterent tous les jours. Le bon Duc Henry avoit Þe N. D. une si grande estime pour cette fainte fille , qu'il fut lui jetter de l'eau benite après la mort dès le premier jour qu'elle fut exposée ; & quoiqu'il euft une horreur naturelle de voir les morts , il ne pouvoit fe laffer de la regarder la considerane comme une Sainte. Le Duc Charles & les autres Princes y vinrent ausfi. Son corps fut trois jours exposé pour contenter la devotion du Peuple; & quoiqu'on cuít mis des Gardes à la porte & aux grilles, ils furent contraints de ceder à la force. L'Eyesque de Toul fit la ceremonie des Obseques. On mit fon corps dans un cercuëil de plomb sous l'Autel du Cheur des Religieuses par ordre de ce Prelat , quoique cette fainre Fondatrice euft souhaité d'estre enterrée dans le Cimetiere du Monastere. Plusieurs personnes qui ont eu recours à son intercession en ont reflenci les effets.

La Mere Angelique Milly , seconde Superieure du Monaftere de Nancy , fic les establissemens des Monasteres de fainc Amand en Bourbonnois , presentement transferé à Bourges de Vernon, de Montfort , de Chasteaudeun & quelques autres. Sa Vie a esté escrite avec celle de la Mere Alix, comme. asant esté Pun des ornemens de certe Congregation par la sainteté de la Vie & la pureté de fes' mours.

La principale fin de cet Institut est à peu près conforme à celui des Ursulines , en ce qu'il regarde l'instruction gratuite des petites filles. Elles n'ont que l'Office de Notre-Dame , quelques jeûnes particuliers , principalement les Vendredis & les veilles des Feltes de la fainte Vierge. Elles suivent la Regle de saint Augustin & sont habillées de noir conformément à la fix gure que nous en donnons. Les Religieuses de cet Ordre à Paris & enquelques autres lieux, prennent le titre de Cham neinefles , fondées apparemmeno fur ce que le Pere Dumoulinet croir qu'on les peut mettre au rang

peut mettre au rang des Chanoinelles Regulieres , puisqu'elles en ont reçu de leur Pere la Regle & l'Esprit.

Voïez la Vie de la Mere Alix leclerc , imprimée à Nancy en 1646. & celle du P. Fourier , par le P. Bedel. Hermant, Hift. des Ord. Relig. & Schoonebek , Hift.des Ord. Relig.

Presque dans tous les Monasteres des Religieuses de la

L'IMMACULE': CONCEPTION.

Congregation , il y en a aussi une de Filles seculieres, qui ont FILLES DE pour fin

d'honorer l'Immaculée Conception de la sainte Vierge.

Pour ce sujet elles font tous les ans protestation en public, & tous les jours en particulier , d'honorer toute leur vie l'Immaculée Conception de la sainte Vierge ; & pour marque exterieure qui les distingue, elles portent un petit Scapulaire qu'elles appellent un Colier . qui elt d'étoffe de couleur bleuë celeste , ou d'un costé est l'image de la Conception , & de l'autre sont escrits ces mots en lettres d'orou d'argent: Marie a esté conçuë fans peché. Ce Scapulaire peut estre aussi de couleur blanche , & pour lors cette derise doit estre en soïe bleuë. Les jours qu'elles font leur protestation , elles ont un cierge de cire blanche à la main, auquel est attaché un escullon, contenant la mesme devise escrite en lettre d'or ou d'argent. Elles ont des Regles & Constitutions qui ont esté dressées par le R. P. Fourier , & approuvées par le Pape Innocent X. l'an 1645. Ce Pontife accorda beaucoup d'Indulgences à cette devote Congregation de Filles feculieres , establie sous le nom de l'Immaculée Conception de la B. V, Marie,

Voïez les Regles de cette congregation imprimées au Pont-àMouffon, à Metz, den d'autres lieux,

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CHANOI.
NES REGUL.
DE LA RE-
FORME DE
BOURGA-
CHARD.

Des Chanoines Reguliers de la Reforme de Bourgachard en

Normandie.
E Pere Artus du Moutier Recoller , dans sa Neustrie
LI

Pieuse, où il rapporte l'origine des Abbaïes & plus .celebres Prieurés de Normandie, n'a point parlé du Prieuré de Bourgachạrd , où la Reforme des Chanoines Reguliers dont nous allons parler a commencé, ne le jugeant pas apparemment assez considerable pour en rapporter l'origine ; & il s'est contenté de le mettre à la fin, dans un Catalogue qui contiene tous les Prieurés peu considerables de cette Provin,

ce , afin, dit-il, d'en conserver la memoire. Monsieur CorGeographe. art.deBour- neille dans son Dictionnaire Geographique en donne

cepensuchard. dant une autre idée; car il dir que dans le Roumois, pais de la haute Normandie , l'un des quacre dont le Diocese de

Roüen

Didion.

Rouen est composé, l'on y voit le fameux Prieuré Claustral CHANOTde faint Lodu Bourgachard. Mais comme il ne dit rien de l'o- DE LA RErigine de ce Prieuré, & que les Chanoines de Bourgachard BOURG.DE sont extrémement reserves dans tous les lieux où ils sont efta- CHARD. blis , sur le fait de leur origine qu'ils tiennent bien secrete, n'en voulant rien communiquer à personne , nous ne pouvons pas non plus rien dire de l'origine de ce Prieuré. Nous sçavons seulement que la Reforme des Chanoines Reguliers dont le R. P. Jean Moulin est Auteur , a pris le nom de ce Prieuré, quoiqu'elle n'y ait pas pris naissance; mais qui est ce Pere Moulin, quelles font les observances de cette Reforme, ce qu'elle a de particulier & qui la distingue des autres , outre l'habillement,&en quelle année elle a commencée; c'est ce que nous n'avons pû aussi apprendre, quelque diligence que nous aïons faite auprès des Religieux de Bourgachard, & de l'Abbaïe d'Yvernaux procheBrie-Comte-Robert

. Voici seulement ce que nous avons pû découvrir du progrès de cette Reforme, par

les Factums qui ont esté produits dans le procès que M. l'Abbé de Mayol, Prieur Commendataire du Prieuré de Notre-Dame de Beaulieu , a intenté au Pere Moulin & à fes Chanoines Reformés l'an 1712. à cause que sans Lettres Pacentes du Roi ils se sont introduits dans ce Prieuré. On y voit que cette Reforme a commencé dans le Prieuré de faint Cyr de Friardel au Diocese de Lisieux, & que le Pere Jean Moulin en estoit Prieur Claustral , lorsqu'il forma le dessein de cette Reforme ; & que quelque tems après ces Chanoines Reformés furent appellés dans l'Abbaie d'Yvernaux proche BrieComte-Robert au Diocese de Paris , qui estoit autrefois une dépendance de l'ancienne Congregation de saint Victor. C'est ce qui paroist par le Concordat que le Pere Moulin fit le 22. Septembre 1685.avec le Prieur Commendataire de saint Lo de Bourgachard , où il expose qu'il a déja donné des marques de fa capacité ,par le récablissement de deux Communautés Regulieres, tant dans le Prieuré de Friardel que dans l'Abbaïe Roïale d'Yvernaux; & il y est arresté entre les parties,

que le Prieur de Friardel entrera dans le Prieuré de Bourgachard, & prendra possession des lieux destinés pour les Exercices Reguliers , y demeurera dorénavant à perpetuité, & y compolera une Communauté de Chanoines Reguliers au choix & à la nomination de la Communauté, qui mesme en pourra Tome II.

lii

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