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GULILAS.

- ORIGINE tous tissus de laine, & aïant quatre especes de cornes qui paNOINES RE- roilloient neanmoins fort peu au dessus, & ceux qui sont de

carte couverte d'estoffe & tout quarrés dont on se sert au-
jourd'hui, font d'une invention assez moderne.
Il est croïable

que les Chanoines Reguliers ne s'en servoient pas encore en 1339. puisque le Pape Benoilt XII. dans fes Constitutions

pour

la reforme de cet Ordre, n'en fait aucune mention , & ordonne qu'ils porteront des capuchons & des aumuces pour couvrir leurs testes. Les aumuces estoient

pour la maison, & ils les devoient porterà l'Eglise, au Cloistre, au Chapitre , au Refedoire & au Dortoir , & ne point se servir

de capuces ou capuchons dans ces lieux ; mais ils les pouvoient Buil. Ro. porter ailleurs : Infra Ecclefias, Claustrum, Capitulum , Refeccut. Bered." torium ac Dormitorium non capuciis , sed almutiis honestis uianXII. S. 40. tur. Caputia vero fi ca per ipfos extra loca predicta deferri conti

gerit ; fint honefta. Il n'y a pas long-tems qu'ils ont introduit parmi eux l'usage du chapeau & du manteau ; ce qui leur eltoit deffendu

par les Constitutions que le Cardinal de la Rochefoucaut dressa en 1623. pour les Chanoines

. Reguliers de France, qui furent imprimées à Paris la mesme année; car il leur ordonna de porter en tout tems la chape,allant par la Ville.

Nous finirons ce qui regarde l'origine des Chanoines Regudeffis. liers par une reflexion que fait Dom de Vert sur l'abandon

nement de la chape à l'égard des Clercs, & de la coule ou froc par rapport à certains Moines, & qui peut regarder les Chanoines Reguliers en particulier ; c'est que ce changement leur a entierement transformé l'exterieur aux uns & aux autres : car de-là, le rabat de toile fine & empesée, les longs cheveux frisés & poudrés, & au defaut de cheveux naturels, la perruque, la calotte de maroquin , le chapeau de castor, les manchettes, des boutons à la robe, la ceinture de foye , &c.. tous ornemens inutiles ou ajustemens superflus à ceux qui ont conservé la chape ou la coule. C'est en cet équipage qu'on voit quelques Chanoines Reguliers, & mesme quelques-uns: qui n'ont pris ce titre que depuis vingt-cinq ou trente ans , qui estoient auparavant veftus comme des Moines

. A la verité quelques-uns n'ont pas encore pris le rabat empelé, mais cela viendra dans la fuite. Pour les noms de Peres & de Freres que se donnoient les uns aux autres tes Chrestiens de la Pris mitive Eglise, & qui temoiguoient l’union & la charité qui

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De Vert, comme cia

Tom. 2. p. 287

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eltoient entr'eux ; ces noms paroislent odieux à ces Cha- CHANCE noines metamorphosés. Ce seroit leur faire injure que de ne Nes Regupas les appeller Mefieurs aull-bien que les anciens Benedi&ins; LATRAN, EN

ITALIE, & je ne croipas que Dom de Vert ait consulté la modestie des Chanoines Reguliers de la Congregation de France, lorsque parlant d'eux, il les appelle Messieurs de sainte Genevieve.

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Des Chanoines Reguliers de S. Sauveur de Latran, avec la

Vie du V. P. Barthelemy Colomne leur Reformateur,

& qu'elle commença à jouir de la liberté, après laquelle elle soupiroit depuis trois cens ans, il fit bâtir plufieurs Eglises en divers lieux, principalement à Rome, où les Eglises de S. Jean, de saint Pierre, de sajnt Paul, de sainte Croix & de lainte Agués hors des murs ; font encore à presenç des marques de la pieté de cet Empereur.

Entre ces Eglises, celle qui tient le premier rang non seura lement dans cette ville, mais qui est encore reconnue pour la mere de toutes les Eglises du Mondes est celle qu'il fit bâtir dans le Palais de l'Imperatrice Fausta la femme, auparavant nommé la maison de Latrán , du nom de Plautius Lateranus Senateur Romain, à qui elle appartenoit, lorsque l'Empereur Neron le fit mourir comme un des Chefs de la Conjuration qui s'estoit formée contre lui l'an 65. Ses biens aïant esté confisqués, cet Empereur & ses fucceßleurs l'ont toûjours posledée julqu'au tems de Constantin, qui la donna à S. Sylveftre. Ce Prince y aïant fait bâtir une Eglise, elle fut appellée de son nom Constantinienne, autrement l'Eglise du Sauveur, à cause que pendant que S. Silvestre en faisoit la dedicace, l'Image du Sauveur du Monde apparut sur la muraille : & comine cet Empereur fit faire proche de cette Eglise un Baptistere, & que les Baptisteres avoient l'image de S. Jean-Baptiste, on lui donva auli le nom de saint Jean de Latran , qui lui est resté quoique son veritable nom soit celui de Saint Sauveurpuisque c'est sous ce nom que l'Eglise folemnise le 9. Novembre, la De: dicace de cette Eglise..

ITALIE.

CHANOI- Les Papes l'ont toûjours reconnuë pour leur Cathedrale ; NESB 69- & depuis S. Sylvestre ils y ont toujours fait leur demeure, à LATRAN, n l’exception de deux ou trois, jusqu'au tems que le S. Siege fut

transferé à Avignon ; Gregoire XI. l'aïant transporté à Rome après soixante & dix ans d'absence, comme le Palais de Lam tran contigu à cette Eglise, estoit tombé presque en ruine , les Souverains Pontifes ont fait depuis ce tems leur residence au Vatican ou à Monte-Cavallo.

Dom Gabriel Penot Chanoine Regulier de la Congregation de Latran, qui en a fait l'Histoire, pretendant qu'il y a eu une continuation sans interruption de Clercs, qui ont vécu en commun depuis les Apoftres jusqu'au tems de S. Sylvestre , dit que ce fut ceux-là que ce Pape establit dans cette Eglise : mais comme cette pretention est disputée, & que la veritable ori. gine des Communautés de Clercs n'est attribuée qu'à S. Augustin, nous croïons plus aisément ce qu'a joûte cet Auteur que S. Leon I. se fervit vers l'an 440. de Gelase, qui fut dans la suite un de ses successeurs, & qui estoit Disciple de S.Augustin, pour reformer les Cleres de cette Eglise, & les faire vivre selon les regles que ce Grand Docteur de l'Eglise avoit prescrites à ceux de son Eglise d'Hippone , qui ne contenoient que ce que les Apostres & les premiers Fideles de l'Eglise de Jerusalem avoient pratiqué.

En effet le Clergé de Rome avoit besoin de reforme ; puisque S. Jerôme se plaignoit dès l'an 383. des dereglemens des Clercs de cette Ville , qui n'aïant på supporter les reproches de ce grand homme, deehirerent la reputation par tant de calomnies & de médisances, que pour ceder à leur envie , il fut obligé de quitter Rome pour retourner dans la Palestine. : Ce fut donc sous le Pontificat de S. Leon I. que les Clercs de l'Eglise de saint Jean de Latran vêcurent en commun. Ils demeurerent pendant plusieurs années dans l'observance des Canons Apostoliques ; mais le relâchement s'estant introduit peu à peu parmi eux, Alexandre II. qui avoit esté Chanoine de la Congregation de S. Frigdien de Luqures , fic venir des Chanoines de cette Congregation l'an 1061. pour reformer 'Eglise de Latran, & aïant fait assembler un Concile à Rome l'an 1063. où l'on traita de la reforme des Chanoines,il aflujettit ceux de Latran à l'observance de ce qui avoit esté ordonné dans ce Concile. Il declara aulli cette Eglise Chef de

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